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Balise - Le roman

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lundi, juin 20 2011

EAF 2011 - Série ES/S

SÉRIE ES / S

 

Objet d'étude : Le roman et ses personnages : visions de l'homme et du monde.

Corpus : 
Texte A : Victor Hugo,
Les Misérables, 4ème partie, livre 12 (1862).
Texte B : Gustave Flaubert,
L'Education sentimentale, 3ème partie, I (1869).
Texte C : Emile Zola,
La Fortune des Rougon, I, (1871).

 

Texte A : Victor Hugo, Les Misérables, 4ème partie, livre 12 (1862).

[Gavroche, un gamin de Paris, aide les insurgés qui construisent une barricade, au cours de l’émeute parisienne de juin 1832. ]

   Gavroche, complètement envolé et radieux, s’était chargé de la mise en train. Il allait, venait, montait, descendait, remontait, bruissait, étincelait. Il semblait être là pour l’encouragement de tous. Avait-il un aiguillon ? oui certes, sa misère ; avait-il des ailes ? oui certes, sa joie. Gavroche était un tourbillonnement. On le voyait sans cesse, on l’entendait toujours. Il remplissait l’air, étant partout à la fois. C’était une espèce d’ubiquité1 presque irritante ; pas d’arrêt possible avec lui. L’énorme barricade le sentait sur sa croupe. Il gênait les flâneurs, il excitait les paresseux, il ranimait les fatigués, il impatientait les pensifs, mettait les uns en gaieté, les autres en haleine, les autres en colère, tous en mouvement, piquait un étudiant, mordait un ouvrier ; se posait, s’arrêtait, repartait, volait au-dessus du tumulte et de l’effort, sautait de ceux-ci à ceux-là, murmurait, bourdonnait, et harcelait tout l’attelage ; mouche de l’immense Coche révolutionnaire.
  Le mouvement perpétuel était dans ses petits bras et la clameur perpétuelle dans ses petits poumons :
  - Hardi ! encore des pavés ! encore des tonneaux ! encore des machins ! où y en a-t-il ? Une hottée2 de plâtras pour me boucher ce trou-là. C’est tout petit votre barricade. Il faut que ça monte. Mettez-y tout, flanquez-y tout, fichez-y tout. Cassez la maison. Une barricade, c’est le thé de la mère Gibou3. Tenez, voilà une porte vitrée.
  Ceci fit exclamer les travailleurs.
  - Une porte vitrée ! Qu’est-ce que tu veux qu’on fasse d’une porte vitrée, tubercule4 ?
  - Hercules vous-mêmes ! riposta Gavroche. Une porte vitrée dans une barricade, c’est excellent. Ça n’empêche pas de l’attaquer, mais ça gêne pour la prendre. Vous n’avez donc jamais chipé des pommes par-dessus un mur où il y avait des culs de bouteilles ? Une porte vitrée, ça coupe les cors aux pieds de la garde nationale5 quand elle veut monter sur une barricade. Pardi ! le verre est traître. Ah ça, vous n’avez pas une imagination effrénée, mes camarades !

1. Capacité d’être dans plusieurs lieux à la fois.
2. Contenu d’une hotte pleine.
3. Boisson faite de beaucoup de mélanges.
4. Racine qui est une réserve nutritive pour une plante ; ici, allusion à la petite taille de Gavroche.
5. Soldats envoyés pour mater la révolte.

 

Texte B : Gustave Flaubert, L'Education sentimentale, 3ème partie, I (1869).

[Frédéric, le héros de l’Education sentimentale, assiste avec son ami Hussonnet au saccage du Palais des Tuileries, au cours de la Révolution de 1848.]

   Tout à coup la Marseillaise retentit. Hussonnet et Frédéric se penchèrent sur la rampe. C’était le peuple. Il se précipita dans l’escalier, en secouant à flots vertigineux des têtes nues, des casques, des bonnets rouges, des baïonnettes et des épaules, si impétueusement, que des gens disparaissaient dans cette masse grouillante qui montait toujours, comme un fleuve refoulé par une marée d’équinoxe, avec un long mugissement, sous une impulsion irrésistible. En haut, elle se répandit, et le chant tomba.
  On n’entendait plus que les piétinements de tous les souliers, avec le clapotement des voix. La foule inoffensive se contentait de regarder. Mais, de temps à autre, un coude trop à l’étroit enfonçait une vitre ; ou bien un vase, une statuette déroulait d’une console, par terre. Les boiseries pressées craquaient. Tous les visages étaient rouges ; la sueur en coulait à larges gouttes ; Hussonnet fit cette remarque :
  - « Les héros ne sentent pas bon ! »
  - « Ah ! vous êtes agaçant », reprit Frédéric.
  Et poussés malgré eux, ils entrèrent dans un appartement où s’étendait, au plafond, un dais de velours rouge. Sur le trône, en dessous, était assis un prolétaire à barbe noire, la chemise entr’ouverte, l’air hilare et stupide comme un magot1. D’autres gravissaient l’estrade pour s’asseoir à sa place.
  - « Quel mythe ! » dit Hussonnet. « Voilà le peuple souverain ! »
  Le fauteuil fut enlevé à bout de bras, et traversa toute la salle en se balançant.
  - « Saprelotte ! comme il chaloupe ! Le vaisseau de l’Etat est ballotté sur une mer orageuse ! Cancane-t-il2 ! Cancane-t-il ! »
  On l’avait approché d’une fenêtre, et, au milieu des sifflets, on le lança.
  - « Pauvre vieux ! » dit Hussonnet en le voyant tomber dans le jardin, où il fut repris vivement pour être promené ensuite jusqu’à la Bastille, et brûlé.
  Alors, une joie frénétique éclata, comme si, à la place du trône, un avenir de bonheur illimité avait paru ; et le peuple, moins par vengeance que pour affirmer sa possession, brisa, lacéra les glaces et les rideaux, les lustres, les flambeaux, les tables, les chaises, les tabourets, tous les meubles, jusqu’à des albums de dessins, jusqu’à des corbeilles de tapisserie. Puisqu’on était victorieux, ne fallait-il pas s’amuser ! La canaille s’affubla ironiquement de dentelles et de cachemires. Des crépines3 d’or s’enroulèrent aux manches des blouses, des chapeaux à plumes d’autruche ornaient la tête des forgerons, des rubans de la Légion d’honneur firent des ceintures aux prostituées. Chacun satisfaisait son caprice ; les uns dansaient, d’autres buvaient. Dans la chambre de la reine, une femme lustrait ses bandeaux avec de la pommade ; derrière un paravent, deux amateurs jouaient aux cartes ; Hussonnet montra à Frédéric un individu qui fumait son brûle-gueule4 accoudé sur un balcon ; et le délire redoublait au tintamarre continu des porcelaines brisées et des morceaux de cristal qui sonnaient, en rebondissant, comme des lames d’harmonica.

1. Singe ; figurine chinoise grotesque en porcelaine. Au sens figuré : homme très laid.
2. Danse le cancan, une danse excentrique.
3. Franges de tissu à fonction décorative.
4. Pipe à tuyau très court .

 

Texte C : Emile Zola, La Fortune des Rougon, I, (1871).

 [Le coup d’Etat du 2 décembre 1851, organisé par Louis-Napoléon Bonaparte, a suscité en Provence des insurrections républicaines, notamment dans le département du Var. C’est cette révolte que décrit Zola au début de La Fortune des Rougon.]

   La bande descendait avec un élan superbe, irrésistible. Rien de plus terriblement grandiose que l’irruption de ces quelques milliers d’hommes dans la paix morte et glacée de l’horizon. La route, devenue torrent, roulait des flots vivants qui semblaient ne pas devoir s’épuiser ; toujours, au coude du chemin, se montraient de nouvelles masses noires, dont les chants enflaient de plus en plus la grande voix de cette tempête humaine. Quand les derniers bataillons apparurent, il y eut un éclat assourdissant. La Marseillaise emplit le ciel, comme soufflée par des bouches géantes dans de monstrueuses trompettes qui la jetaient, vibrante, avec des sécheresses de cuivre, à tous les coins de la vallée. Et la campagne endormie s’éveilla en sursaut ; elle frissonna tout entière, ainsi qu’un tambour que frappent les baguettes ; elle retentit jusqu’aux entrailles, répétant par tous ses échos les notes ardentes du chant national. Alors ce ne fut plus seulement la bande qui chanta ; des bouts de l’horizon, des rochers lointains, des pièces de terre labourées, des prairies, des bouquets d’arbres, des moindres broussailles, semblèrent sortir des voix humaines ; le large amphithéâtre qui monte de la rivière à Plassans, la cascade gigantesque sur laquelle coulaient les bleuâtres clartés de la lune, étaient comme couverts par un peuple invisible et innombrable acclamant les insurgés ; et, au fond des creux de la Viorne1, le long des eaux rayées de mystérieux reflets d’étain fondu, il n’y avait pas un trou de ténèbres où des hommes cachés ne parussent reprendre chaque refrain avec une colère plus haute. La campagne, dans l’ébranlement de l’air et du sol, criait vengeance et liberté. Tant que la petite armée descendit la côte, le rugissement populaire roula ainsi par ondes sonores traversées de brusques éclats, secouant jusqu’aux pierres du chemin.

1. Rivière qui coule près de la ville de Plassans.

 

I- Après avoir lu tous les textes du corpus, vous répondrez â la question suivante (4 points) :

Quelles visions du peuple les trois extraits du corpus donnent-ils ?

II. Vous traiterez ensuite, au choix, l'un des sujets suivants (16 points) :

  • Commentaire
    Vous commenterez le texte C : La Fortune des Rougon d’Emile Zola.

  • Dissertation
    Un philosophe a déclaré qu’il avait beaucoup plus appris sur l’économie et la politique dans les romans de Balzac qu’en lisant les économistes et les historiens. Dans quelle mesure la lecture des romans permet-elle de connaître une période historique et une société ? Vous rédigerez un développement structuré, qui s’appuiera sur les textes du corpus, les romans que vous avez étudiés en classe et vos lectures personnelles..

  • Invention
    Rentrée chez elle, la femme aux bandeaux (texte B, dernier paragraphe) raconte à sa famille la prise des Tuileries à laquelle elle a participé.
    Vous exprimerez ses émotions et ses sentiments.
    Vous veillerez à mêler description et narration .

vendredi, juillet 4 2008

Bac français -Invention - Suite de "Les gommes" , Alain Robbe-Grillet


Invention

L'extrait des Gommes de Robbe-Grillet se termine par : « Quand tout est prêt, la lumière s'allume... ». En veillant à respecter l'atmosphère installée par ce début, vous imaginerez une suite consacrée à l'arrivée d'un nouveau personnage dans le café. Vous vous inspirerez des procédés qui figurent dans le texte.

[voir le sujet d'annales complet]

Le travail préparatoire

L’objectif sera de dégager les éléments principaux sur lesquels vont s’appuyer l'écriture d'invention.

  • Forme : suite d'un récit.  
  • Analyse : ce type de sujet amène dans un premier temps à analyser le texte source comme on le ferait pour un commentaire de texte : situation d'énonciation, implication du narrateur et focalisation, registre de langue, champ lexicaux, syntaxe, figures de styles, type de texte (narratif, descriptif, commentaire), les paragraphes etc. C'est en repérant tous ces éléments qu'on fixera les consignes à respecter et les éléments à introduire dans le texte produit. "Une suite", ce qui amène à prendre en compte les éléments du récit et à les respecter ; le sujet insiste notamment sur "l'atmosphère" : à définir en analysant sa mise en oeuvre dans et par le texte. L'"arrivée d'un nouveau personnage" sera l'élément central de l'histoire.
Voici quelques pistes à approfondir et qui peuvent conduire à cadrer votre travail. Pour la suite, je vous renvoie à la fiche méthode « sujet d'invention ».

Bon courage,

Dissertation - Un roman doit-il chercher à faire oublier au lecteur que ses personnages sont fictifs ?

Dissertation

Un roman doit-il chercher à faire oublier au lecteur que ses personnages sont fictifs ?
Vous fonderez votre réflexion sur les textes du corpus, sur ceux que vous avez étudiés en classe et sur vos lectures personnelles.

[voir le sujet d'annales complet]

Le travail préparatoire

L’objectif sera de dégager les éléments principaux sur lesquels vont s’appuyer la dissertation.

  • Le type de sujet : une opinion à discuter.  
  • Analyse : "doit-il" = ce qui invite à s'interroger sur les raisons et le but recherché. "Faire oublier" = comment faire oublier, quels sont les moyens utilisés à cette fin ? "Ses personnages sont fictifs" = fictif siginfie une création de l'imagination, qui s'inspire plus ou moins du réel sous le mode de l'illusion. A quoi sert l'illusion ? Quelles en sont les limites ? Dans quels cas un personnage doit correspondre à la réalité ? Un personnage peu ou pas vraisemblable est-il pour autant impropre à parler ou représenter le réel ? Etc.   
  • Le cadre : les personnages de roman.
  • Objet d'étude : "Le roman et ses personnages". Voir l'évolution du roman à travers les courants littéraires, ses visées, ses esthétiques. La diversité du genre romanesque (roman historique, autobiographique, roman d'anticipation, science-fiction, roman d'apprentissage etc.). Le pacte de la fiction pour le lecteur : faire semblant de croire.         
Voici quelques pistes à approfondir et qui peuvent conduire à établir une problématique. Pour la suite, je vous renvoie à la fiche méthode Dissertation.

Bon courage,

Commentaire composé - La Vie de Marianne, Marivaux

TEXTE A - Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, La Vie de Marianne, 1742.

[Nous sommes au début du roman.]

   Avant que de donner cette histoire au public, il faut lui apprendre comment je l'ai trouvée.
  Il y a six mois que j'achetai une maison de campagne à quelques lieues de Rennes, qui, depuis trente ans, a passé successivement entre les mains de cinq ou six personnes. J'ai voulu faire changer quelque chose à la disposition du premier appartement, et dans une armoire pratiquée dans l'enfoncement d'un mur, on y a trouvé un manuscrit en plusieurs cahiers contenant l'histoire qu'on va lire, et le tout d'une écriture de femme. On me l'apporta ; je le lus avec deux de mes amis qui étaient chez moi, et qui depuis ce jour-là n'ont cessé de me dire qu'il fallait le faire imprimer : je le veux bien, d'autant plus que cette histoire n'intéresse1 personne. Nous voyons par la date que nous avons trouvée à la fin du manuscrit, qu'il y a quarante ans qu'il est écrit ; nous avons changé le nom de deux personnes dont il y est parlé, et qui sont mortes. Ce qui y est dit d'elles est pourtant très indifférent ; mais n'importe : il est toujours mieux de supprimer leurs noms.
  Voilà tout ce que j'avais à dire : ce petit préambule m'a paru nécessaire, et je l'ai fait du mieux que j'ai pu, car je ne suis point auteur, et jamais on n'imprimera de moi que cette vingtaine de lignes-ci.
  Passons maintenant à l'histoire. C'est une femme qui raconte sa vie ; nous ne savons qui elle était. C'est la Vie de Marianne ; c'est ainsi qu'elle se nomme elle-même au commencement de son histoire ; elle prend ensuite le titre de comtesse ; elle parle à une de ses amies dont le nom est en blanc, et puis c'est tout.

   Quand je2 vous ai fait le récit de quelques accidents de ma vie, je ne m'attendais pas, ma chère amie, que vous me prieriez de vous la donner toute entière, et d'en faire un livre à imprimer. Il est vrai que l'histoire en est particulière, mais je la gâterai, si je l'écris ; car où voulez-vous que je prenne un style ?
  II est vrai que dans le monde on m'a trouvé de l'esprit ; mais, ma chère, je crois que cet esprit-là n'est bon qu'à être dit, et qu'il ne vaudra rien à être lu.
  Nous autres jolies femmes, car j'ai été de ce nombre, personne n'a plus d'esprit que nous, quand nous en avons un peu : les hommes ne savent plus alors la valeur de ce que nous disons ; en nous écoutant parler, ils nous regardent, et ce que nous disons profite de ce qu'ils voient.
  J'ai vu une jolie femme dont la conversation passait pour un enchantement, personne au monde ne s'exprimait comme elle ; c'était la vivacité, c'était la finesse même qui parlait : les connaisseurs n'y pouvaient tenir de plaisir. La petite vérole3 lui vint, elle en resta extrêmement marquée : quand la pauvre femme reparut, ce n'était plus qu'une babillarde4 incommode. Voyez combien auparavant elle avait emprunté d'esprit de son visage ! Il se pourrait bien faire que le mien m'en eût prêté aussi dans le temps qu'on m'en trouvait beaucoup. Je me souviens de mes yeux de ce temps-là, et je crois qu'ils avaient plus d'esprit que moi.
  Combien de fois me suis-je surprise à dire des choses qui auraient eu bien de la peine à passer toutes seules ! Sans le jeu d'une physionomie friponne qui les accompagnait, on ne m'aurait pas applaudie comme on faisait, et si une petite vérole était venue réduire cela à ce que cela valait, franchement, je pense que j'y aurais perdu beaucoup. #
  Il n'y a pas plus d'un mois, par exemple, que vous me parliez encore d'un certain jour (et il y a douze ans que ce jour est passé) où, dans un repas, on se récria tant sur ma vivacité ; eh bien ! en conscience, je n'étais qu'une étourdie. Croiriez-vous que je l'ai été souvent exprès, pour voir jusqu'où va la duperie des hommes avec nous ? Tout me réussissait, et je vous assure que dans la bouche d'une laide, mes folies auraient paru dignes des Petites-Maisons5 : et peut-être que j'avais besoin d'être aimable dans tout ce que je disais de mieux. Car à cette heure que mes agréments sont passés, je vois qu'on me trouve un esprit assez ordinaire, et cependant je suis plus contente de moi que je ne l'ai jamais été. Mais enfin, puisque vous voulez que j'écrive mon histoire, et que c'est une chose que vous demandez à mon amitié, soyez satisfaite : j'aime encore mieux vous ennuyer que de vous refuser.
  Au reste, je parlais tout à l'heure de style, je ne sais pas seulement ce que c'est. Comment fait-on pour en avoir un ? Celui que je vois dans les livres, est-ce le bon ? Pourquoi donc est-ce qu'il me déplaît tant le plus souvent ? Celui de mes lettres vous paraît-il passable ?
  J'écrirai ceci de même.
  N'oubliez pas que vous m'avez promis de ne jamais dire qui je suis ; je ne veux être connue que de vous.
  Il y a quinze ans que je ne savais pas encore si le sang d'où je sortais était noble ou non, si j'étais bâtarde ou légitime. Ce début paraît annoncer un roman : ce n'en est pourtant pas un que je raconte; je dis la vérité comme je l'ai apprise de ceux qui m'ont élevée.

1. n'intéresse : ne met enjeu aucune personne vivante.
2. je : ici commence le récit de Marianne,
3. la petite vérole : maladie qui couvre le visage de pustules.
4. babillarde : bavarde,
5. Petites-Maisons : hôpital parisien, lieu d'internement pour malades mentaux.


Commentaire

Vous commenterez le texte de Marivaux (texte A), depuis le début jusqu'à « je pense que j'y aurais perdu beaucoup.(#)»

[voir le sujet d'annales complet]

La carte d'identité du texte

L’objectif sera de dégager les éléments principaux sur lesquels vont s’appuyer le commentaire.

  • Le genre : roman (incipit).   
  • Type de texte : narratif, explicatif.
  • Enonciation : Plusieurs situation d'énonciation à analyser. Un préambule d'un narrateur (qui n'est pas Marivaux : "je ne suis point auteur") s'adressant au lecteur. Et dans un deuxième temps, une narratrice Marianne ("je") s'adressant à une amie ("vous"). 
  • Contexte : on s'interrogera sur le titre du roman "La vie de Marianne", repris dans l'extrait et qui oriente le récit vers une autobiographie fictive.
  • Thèmes : le portrait de Marianne, la condition féminine au début du XVIIIème siècle, l'écriture.   
  • Séquence de l’année à laquelle renvoie ce texte : « Le roman et ses personnages ». Voir la création d'un personnage, une vision du monde à travers un personnage, les caractéristiques d'un incipit (fixer un cadre, intéresser le lecteur...).   
  • Structure : deux parties évidentes. Plutôt que de les considérer comme deux séquences disjointes, on s'attachera à évaluer le rapport qui les lie au sein de l'incipit.   
  • La question préliminaire: celle-ci offre déjà une piste d'étude. 
Voici quelques pistes à approfondir et qui peuvent conduire à établir des axes de lecture et une problématique. Pour l'analyse détaillée, je vous renvoie à la fiche méthode « Commentaire composé ».

Bon courage,

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