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Balise - La poésie

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vendredi, mars 27 2009

Bac français - Invention - Vous célébrerez un objet banal, quotidien, de votre choix.


Invention

Dans un texte en prose, vous célébrerez un objet banal, quotidien, de votre choix.
Vous utiliserez des images permettant de le découvrir sous un angle nouveau.
Vous marquerez explicitement votre appréciation élogieuse.
Vous ne signerez pas votre texte.

[voir le sujet d'annales complet]

Le travail préparatoire

L’objectif sera de dégager les éléments principaux sur lesquels vont s’appuyer l'écriture d'invention.

  • Forme : un texte à visée littéraire, du moins dans lequel vous vous montrerez capable de réinvestir des moyens littéraires, notamment pour créer "des images".
  • Type de texte : principalement descriptif.
  • Registre : "célébrer" donc laudatif.
  • Enonciation : On attend "votre appréciation élogieuse", laquelle sera portée par la subjectivité du narrateur, d'où la présence probable du "je". Il faudra veiller à ne pas se concentrer sur ce "je", le thème du poème étant "un objet". En effet, vous devez éviter l'écueil d'un lyrisme borné en évitant de réduire votre appréciation à un seul sentiment tel que : "Oh! Que j'aime mon stylo!" ; ceci ne saurait contituer un éloge.
  • Structure : la structure est libre et il est d'autant plus important de la soigner. Votre texte doit être structuré et montrer une progression qui vise à l'efficacité de l'éloge.
  • Le corpus : Il offre des exemples dont vous pouvez vous inspirer mais sans les pasticher évidemment ; notamment le texte de Ponge puisqu'il est en prose.
Voici quelques pistes à approfondir et qui peuvent conduire à cadrer votre travail. Pour la suite, je vous renvoie à la fiche méthode « sujet d'invention ».

Bon courage,

Dissertation - Le rôle principal du poète est-il de célébrer le monde ?

Dissertation

Le rôle principal du poète est-il de célébrer le monde ?
Vous répondrez à cette question en un développement organisé s'appuyant sur les textes du corpus, les textes étudiés en classe et vos lectures personnelles.

[voir le sujet d'annales complet]

Le travail préparatoire

L’objectif sera de dégager les éléments principaux sur lesquels vont s’appuyer la dissertation.

  • Le type de sujet : une opinion à discuter.  
  • Analyse : On isole la thèse : le rôle principal du poète est de célébrer le monde. On tente de définir l'expression "célébrer le monde"". "Célébrer" renvoie au registre laudatif, et croise plus généralement la notion de beauté ; révéler la beauté ou transfigurer le monde par l'écriture poétique pour le rendre beau. On s'attardera également à définir plus précisément ce qu'est "le monde". "Le rôle principal du poète" évoque les visées de la poésie, celles-ci sont disparates ; les recenser permettra de mieux comprendre le sujet. Notions : la subjectivité et la modalisation du discours, l'écriture poétique et ses perspectives esthétiques.
  • Délimiter le sujet : par principe, on se bornera à la poésie, sans élargir à l'ensemble de la littérature.
  • Séquence à laquelle renvoie le sujet :  "La Poésie", le sujet brasse l'ensemble du cours et il est donc important de pouvoir mobiliser ses connaisances.
  • Le corpus : Les quatre textes vous donnent de bons exemples et matière à réflexion.
  • Les questions prélimaires : vous pouvez réinvestir le travail fait sur la question "Quel rôle Hugo et Ponge accordent-ils au poète dans les deux textes proposés ?"
Voici quelques pistes à approfondir et qui peuvent conduire à établir une problématique. Pour la suite, je vous renvoie à la fiche méthode Dissertation.

Bon courage,

Bac français - commentaire composé - Midi, La Nature et le Rêve, J.M. de Heredia

Texte B : José Maria de HEREDIA, Midi, « La Nature et le Rêve », Les Trophées (1893).

                      Midi

Pas un seul bruit d'insecte ou d'abeille en maraude1,
Tout dort sous les grands bois accablés de soleil
Où le feuillage épais tamise2 un jour pareil
Au velours sombre et doux des mousses d'emeraude3.

Criblant le dôme obscur, Midi splendide y rôde
Et, sur mes cils mi-clos alanguis de sommeil,
De mille éclairs furtifs forme un réseau vermeil4
Qui s'allonge et se croise à travers l'ombre chaude.

Vers la gaze de feu que trament les rayons
Vole le frêle essaim des riches papillons
Qu'enivrent la lumière et le parfum des sèves ;

Alors mes doigts tremblants saisissent chaque fil,
Et dans les mailles d'or de ce filet subtil,
Chasseur harmonieux, j'emprisonne mes rêves.

1- en maraude : en quête de butin
2- tamiser : laisser passer en adoucissant
3- émeraude : pierre précieuse de couleur verte
4- vermeil : rouge foncé
5- gaze : étoffe légère et transparente
.


Commentaire

Vous commenterez le texte de José Maria de Heredia (texte B) à partir du parcours de lecture suivant :
- En quoi le monde sensible est-il omniprésent dans le poème ?
- Comment l'écriture poétique transfigure-t-elle la vision du monde ?

[voir le sujet d'annales complet]

La carte d'identité du texte

L’objectif sera de dégager les éléments principaux sur lesquels vont s’appuyer le commentaire.

  • Le genre : poème à forme fixe.  
  • Type de texte : descriptif (repérage spatio-temporel, temps verbaux et valeurs).
  • Enonciation : Narrateur interne à la première personne du singulier (3 x "mes", "j'"). 
  • Contexte : 1893. José Maria de Heredia a participé au mouvement littéraire du Parnasse. On n'oubliera pas de prendre en compte le titre de la partie du receuil "La Nature et le Rêve" qui fait écho au poème.
  • Thèmes : la nature, le bien-être, implicitement la sieste.
  • Registre dominant : laudatif.       
  • Séquence de l’année à laquelle renvoie ce texte : « La poésie ». Il est indispensable de réinvestir vos connaissances sur la versification.   
  • Structure : la description progresse vers les actions du dernier tercet.   
  • Les questions préliminaires : la première vous livre déjà une analyse à réinvestir.
  • Ne pas oublier l'étude des champs lexicaux.
Voici quelques pistes à approfondir et qui peuvent conduire à établir des axes de lecture et une problématique. Pour l'analyse détaillée, je vous renvoie à la fiche méthode « Commentaire composé ».

Bon courage,

EAF 2008 Centres étrangers - Séries technologiques


CENTRES ÉTRANGERS
SÉRIES TECHNOLOGIQUES

 

Objet d'étude : La poésie.
Corpus :
Texte A : Victor Hugo, L'araignée et l'ortie, Les Contemplations, Livre III (1856).

Texte B : José Maria de Heredia, Midi, « La Nature et le Rêve », Les Trophées, 1893.
Texte C : Francis Ponge, Ode inachevée à la boue (extrait), Pièces,1962.
Texte D : Philippe Jaccottet, Fruits, Airs, 1961-1964.

 

Texte A : Victor HUGO, L'araignée et l'ortie, Les Contemplations, Livre III, (1856).

J'aime l'araignée et j'aime l'ortie,
    Parce qu'on les hait ;
Et que rien n'exauce et que tout châtie
    Leur morne souhait ;

Parce qu'elles sont maudites, chétives,
    Noirs êtres rampants ;
Parce qu'elles sont les tristes captives
    De leur guet-apens ;

Parce qu'elles sont prises dans leur œuvre ;
    O sort ! fatals nœuds !
Parce que l'ortie est une couleuvre,
    L'araignée un gueux ;

Parce qu'elles ont l'ombre des abîmes,
    Parce qu'on les fuit,
Parce qu'elles sont toutes deux victimes
    De la sombre nuit.

Passants, faites grâce à la plante obscure,
    Au pauvre animal.
Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,
    Oh ! plaignez le mal !

Il n'est rien qui n'ait sa mélancolie ;
    Tout veut un baiser.
Dans leur fauve horreur, pour peu qu'on oublie
    De les écraser,

Pour peu qu'on leur jette un œil moins superbe1,
    Tout bas, loin du jour,
La mauvaise bête et la mauvaise herbe
    Murmurent : Amour !

1. ici : méprisant.

Texte B : José Maria de HEREDIA, Midi, « La Nature et le Rêve », Les Trophées (1893).

                      Midi

Pas un seul bruit d'insecte ou d'abeille en maraude1,
Tout dort sous les grands bois accablés de soleil
Où le feuillage épais tamise2 un jour pareil
Au velours sombre et doux des mousses d'emeraude3.

Criblant le dôme obscur, Midi splendide y rôde
Et, sur mes cils mi-clos alanguis de sommeil,
De mille éclairs furtifs forme un réseau vermeil4
Qui s'allonge et se croise à travers l'ombre chaude.

Vers la gaze de feu que trament les rayons
Vole le frêle essaim des riches papillons
Qu'enivrent la lumière et le parfum des sèves ;

Alors mes doigts tremblants saisissent chaque fil,
Et dans les mailles d'or de ce filet subtil,
Chasseur harmonieux, j'emprisonne mes rêves.

1- en maraude : en quête de butin
2- tamiser : laisser passer en adoucissant
3- émeraude : pierre précieuse de couleur verte
4- vermeil : rouge foncé
5- gaze : étoffe légère et transparente
.

 

Texte C : Francis PONGE, Ode inachevée à la boue (extrait), Pièces, 1962.

ODE INACHEVÉE À LA BOUE

  La boue plaît aux cœurs nobles parce que constamment méprisée.
  Notre esprit la honnit1, nos pieds et nos roues l'écrasent. Elle rend la marche difficile et elle salit : voilà ce qu'on ne lui pardonne pas.
  C'est de la boue ! dit-on des gens qu'on abomine, ou d'injures basses et intéressées. Sans souci de la honte qu'on lui inflige, du tort à jamais qu'on lui fait. Cette constante humiliation, qui la mériterait ? Cette atroce persévérance !
  Boue si méprisée, je t'aime. Je t'aime à raison du mépris où l'on te tient.
  De mon écrit, boue au sens propre, jaillis à la face de tes détracteurs !
  Tu es si belle, après l'orage qui te fonde, avec tes ailes bleues !
  Quand, plus que les lointains, le prochain devient sombre et qu'après un long temps de songerie funèbre, la pluie battant soudain jusqu'à meurtrir le sol fonde bientôt la boue, un regard pur l'adore : c'est celui de l'azur ragenouillé déjà sur ce corps limoneux2 trop roué de charrettes hostiles,  dans les longs intervalles desquelles, pourtant, d'une sarcelle3 à son gué opiniâtre la constance et la liberté guident nos pas.
  Ainsi devient un lieu sauvage le carrefour le plus amène, la sente4 la mieux poudrée.
  La plus fine fleur du sol fait la boue la meilleure, celle qui se défend le mieux des atteintes du pied ; comme aussi de toute intention plasticienne. La plus alerte enfin à gicler au visage de ses contempteurs5.
  Elle interdit elle-même l'approche de son centre, oblige à de longs détours, voire à des échasses.
  Ce n'est peut-être pas qu'elle soit inhospitalière ou jalouse ; car, privée d'affection, si vous lui faites la moindre avance, elle s'attache à vous.
  Chienne de boue, qui agrippe mes chausses et qui me saute aux yeux d'un élan importun !
  Plus elle vieillit, plus elle devient collante et tenace. Si vous empiétez son domaine, elle ne vous lâche plus. Il y a en elle comme des lutteurs cachés, couchés par terre, qui agrippent vos jambes ; comme des pièges élastiques ; comme des lassos.
  Ah comme elle tient à vous ! Plus que vous ne le désirez, dites-vous. Non pas moi. Son attachement me touche, je le lui pardonne volontiers.

1 - honnir : couvrir publiquement de honte
2 - limoneux : plein de limon, de boue
3 - sarcelle : canard sauvage
4 - sente : sentier
5 - contempteur : personne qui méprise, dénigre
.

 

Texte D : Philippe JACCOTTET, Fruits, Airs, 1961-1964.

FRUITS

Dans les chambres des vergers ce sont des globes suspendus que la course du temps colore des lampes que le temps allume et dont la lumière est parfum
On respire sous chaque branche le fouet odorant de la hâte
Ce sont des perles parmi l'herbe
de nacre à mesure plus rosé
que les brumes sont moins lointaines
Des pendeloques1 plus pesantes que moins de linge elles ornent
Comme ils dorment longtemps Sous les mille paupières vertes !
Et comme la chaleur
par la hâte avivée
leur fait le regard avide !


1 - pendeloques : cristaux attachés à un lustre

 



I. Vous répondrez d'abord aux questions suivantes (6 points)

1.       Relevez dans chaque texte du corpus une comparaison ou une métaphore, et montrez ce que ce recours à l'image apporte à l'évocation du monde sensible.

2.       Quel rôle Hugo et Ponge accordent-ils au poète dans les deux textes proposés ?

II. Vous traiterez un de ces sujets au choix (14 points):

·         Commentaire (voir la fiche)
Vous commenterez le texte de José Maria de Heredia (texte B) à partir du parcours de lecture suivant :
- En quoi le monde sensible est-il omniprésent dans le poème ?
- Comment l'écriture poétique transfigure-t-elle la vision du monde ?

·         Dissertation (voir la fiche)
Le rôle principal du poète est-il de célébrer le monde ?
Vous répondrez à cette question en un développement organisé s'appuyant sur les textes du corpus, les textes étudiés en classe et vos lectures personnelles.

·         Invention (voir la fiche)
Dans un texte en prose, vous célébrerez un objet banal, quotidien, de votre choix.
Vous utiliserez des images permettant de le découvrir sous un angle nouveau.
Vous marquerez explicitement votre appréciation élogieuse.
Vous ne signerez pas votre texte.


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