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Balise - Commentaire composé

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vendredi, mars 27 2009

Bac français - commentaire composé - Midi, La Nature et le Rêve, J.M. de Heredia

Texte B : José Maria de HEREDIA, Midi, « La Nature et le Rêve », Les Trophées (1893).

                      Midi

Pas un seul bruit d'insecte ou d'abeille en maraude1,
Tout dort sous les grands bois accablés de soleil
Où le feuillage épais tamise2 un jour pareil
Au velours sombre et doux des mousses d'emeraude3.

Criblant le dôme obscur, Midi splendide y rôde
Et, sur mes cils mi-clos alanguis de sommeil,
De mille éclairs furtifs forme un réseau vermeil4
Qui s'allonge et se croise à travers l'ombre chaude.

Vers la gaze de feu que trament les rayons
Vole le frêle essaim des riches papillons
Qu'enivrent la lumière et le parfum des sèves ;

Alors mes doigts tremblants saisissent chaque fil,
Et dans les mailles d'or de ce filet subtil,
Chasseur harmonieux, j'emprisonne mes rêves.

1- en maraude : en quête de butin
2- tamiser : laisser passer en adoucissant
3- émeraude : pierre précieuse de couleur verte
4- vermeil : rouge foncé
5- gaze : étoffe légère et transparente
.


Commentaire

Vous commenterez le texte de José Maria de Heredia (texte B) à partir du parcours de lecture suivant :
- En quoi le monde sensible est-il omniprésent dans le poème ?
- Comment l'écriture poétique transfigure-t-elle la vision du monde ?

[voir le sujet d'annales complet]

La carte d'identité du texte

L’objectif sera de dégager les éléments principaux sur lesquels vont s’appuyer le commentaire.

  • Le genre : poème à forme fixe.  
  • Type de texte : descriptif (repérage spatio-temporel, temps verbaux et valeurs).
  • Enonciation : Narrateur interne à la première personne du singulier (3 x "mes", "j'"). 
  • Contexte : 1893. José Maria de Heredia a participé au mouvement littéraire du Parnasse. On n'oubliera pas de prendre en compte le titre de la partie du receuil "La Nature et le Rêve" qui fait écho au poème.
  • Thèmes : la nature, le bien-être, implicitement la sieste.
  • Registre dominant : laudatif.       
  • Séquence de l’année à laquelle renvoie ce texte : « La poésie ». Il est indispensable de réinvestir vos connaissances sur la versification.   
  • Structure : la description progresse vers les actions du dernier tercet.   
  • Les questions préliminaires : la première vous livre déjà une analyse à réinvestir.
  • Ne pas oublier l'étude des champs lexicaux.
Voici quelques pistes à approfondir et qui peuvent conduire à établir des axes de lecture et une problématique. Pour l'analyse détaillée, je vous renvoie à la fiche méthode « Commentaire composé ».

Bon courage,

mercredi, janvier 28 2009

EAF - Commentaire composé - extrait de " L'Assommoir", Emile Zola

Texte E : Emile Zola, L'Assommoir, 1877.

   Au milieu de cette existence enragée par la misère, Gervaise souffrait encore des faims qu'elle entendait râler autour d'elle. Ce coin de la maison était le coin des pouilleux, où trois ou quatre ménages semblaient s'être donné le mot pour ne pas avoir du pain tous les jours. Les portes avaient beau s'ouvrir, elles ne lâchaient guère souvent des odeurs de cuisine. Le long du corridor, il y avait un silence de crevaison, et les murs sonnaient creux, comme des ventres vides. Par moments, des danses s'élevaient1, des larmes de femmes, des plaintes de mioches affamés, des familles qui se mangeaient pour tromper leur estomac. On était là dans une crampe au gosier générale, bâillant par toutes ces bouches tendues ; et les poitrines se creusaient, rien qu'à respirer cet air, où les moucherons eux-mêmes n'auraient pas pu vivre, faute de nourriture. Mais la grande pitié de Gervaise était surtout le père Bru, dans son trou, sous le petit escalier. Il s'y retirait comme une marmotte, s'y mettait en boule, pour avoir moins froid ; il restait des journées sans bouger, sur un tas de paille. La faim ne le faisait même plus sortir, car c'était bien inutile d'aller gagner dehors de l'appétit, lorsque personne ne l'avait invité en ville. Quand il ne reparaissait pas de trois ou quatre jours, les voisins poussaient sa porte, regardaient s'il n'était pas fini. Non, il vivait quand même, pas beaucoup, mais un peu, d'un œil seulement ; jusqu'à la mort qui l'oubliait ! Gervaise, dès qu'elle avait du pain, lui jetait des croûtes. Si elle devenait mauvaise et détestait les hommes, à cause de son mari, elle plaignait toujours bien sincèrement les animaux ; et le père Bru, ce pauvre vieux, qu'on laissait crever, parce qu'il ne pouvait plus tenir un outil, était comme un chien pour elle, une bête hors de service, dont les équarrisseurs2 ne voulaient même pas acheter la peau ni la graisse. Elle en gardait un poids sur le cœur, de le savoir continuellement là, de l'autre côté du corridor, abandonné de Dieu et des hommes, se nourrissant uniquement de lui-même, retournant à la taille d'un enfant, ratatiné et desséché à la manière des oranges qui se racornissent sur les cheminées.

1 - des danses s'élevaient : des coups étaient donnés (expression familière).
2 - équarrisseurs : personnes qui traitent les cadavres d'animaux non utilisés en boucherie.


Commentaire

Vous commenterez le texte de Zola (texte E).

[voir le sujet d'annales complet]

La carte d'identité du texte

L’objectif sera de dégager les éléments principaux sur lesquels vont s’appuyer le commentaire.

  • Le genre : roman.  
  • Type de texte : descriptif, voire argumentatif (suppose une thèse, une opinion défendue).
  • Enonciation : Narrateur externe, focalisation interne sur Gervaise. 
  • Contexte : 1877, roman réaliste. La littérature y illustre la condition sociale contemporaine des auteurs, ce qui est très présent dans l'oeuvre de Zola. Ici, il s'agit de la misère. On peut affiner le paysage de cette époque à travers la lecture du poème de Rimbaud et le discours de V.Hugo.
  • Thèmes : la misère, la pauvreté, la faim, le portrait du Père Bru.
  • Registre dominant : pathétique.       
  • Séquence de l’année à laquelle renvoie ce texte : « Le roman et ses personnages, visions de l'homme et du monde ». Mais surtout "Convaincre, persuader, délibérer". On vous invite donc à réfléchir sur ce que le texte cherche à démontrer à travers ces descriptions et quels moyens se donne-t-il pour y parvenir.   
  • Structure : On peut noter deux parties distinctes, toutes deux guidées par les impressions de Gervaise.   
  • La question préliminaire : celle-ci doit vous livrer un procédé argumentatif.
Voici quelques pistes à approfondir et qui peuvent conduire à établir des axes de lecture et une problématique. Pour l'analyse détaillée, je vous renvoie à la fiche méthode « Commentaire composé ».

Bon courage,

jeudi, janvier 8 2009

Bac français - commentaire composé - "Hélène ou le règne végétal", René-Guy Cadou

Texte 3 : René-Guy CADOU (1920-1951), Hélène ou le règne végétal, 1945.

Je t'attendais ainsi qu'on attend les navires
Dans les années de sécheresse quand le blé
Ne monte pas plus haut qu'une oreille dans l'herbe
Qui écoute apeurée la grande voix du temps

Je t'attendais et tous les quais toutes les routes
Ont retenti du pas brûlant qui s'en allait
Vers toi que je portais déjà sur mes épaules
Comme une douce pluie qui ne sèche jamais

Tu ne remuais encore que par quelques paupières
Quelques pattes d'oiseaux dans les vitres gelées
Je ne voyais en toi que cette solitude
Qui posait ses deux mains de feuille sur mon cou

Et pourtant c'était toi dans le clair de ma vie
Ce grand tapage matinal qui m'éveillait
Tous mes oiseaux tous mes vaisseaux tous mes pays
Ces astres ces millions d'astres qui se levaient

Ah que tu parlais bien quand toutes les fenêtres
Pétillaient dans le soir ainsi qu'un vin nouveau
Quand les portes s'ouvraient sur des villes légères
Où nous allions tous deux enlacés par les rues.


Commentaire

Vous commenterez le texte de René-Guy CADOU
- en vous intéressant d'abord à la façon dont le poète évoque la rencontre avec la femme aimée et la naissance du couple
- puis en étudiant comment le poète associe la femme aimée au monde.

[voir le sujet d'annales complet]

La carte d'identité du texte

L’objectif sera de dégager les éléments principaux sur lesquels vont s’appuyer le commentaire.

  • Le genre : poème.  
  • Type de texte : descriptif, narratif.
  • Enonciation : "Je" "mes" "mon" "ma", "tu" "toi", "nous" : étudier la répartition et leur progression dans le poème. 
  • Contexte : poème publié en 1945. Le titre du recueil associe Hélène à la flore. Que peut-on en déduire pour le poème ?
  • Thèmes : Les expressions du sentiment amoureux, la nature, la femme.
  • Registres dominants : lyrique, laudatif.       
  • Séquence de l’année à laquelle renvoie ce texte : « La poésie ». Voir notamment la forme, la versification, les différentes figures typiques de la poésie.   
  • Structure : Prêter attention à la progression à travers les différentes strophes et le rythme induit.   
  • Consignes : pour la première partie, on n'oubliera pas d'étudier le système des temps verbaux. La deuxième consigne vous invite à repérer les moyens littéraires mis en oeuvre pour associer la femme aimée au monde.
Voici quelques pistes à approfondir et qui peuvent conduire à établir des axes de lecture et une problématique. Pour l'analyse détaillée, je vous renvoie à la fiche méthode « Commentaire composé ».

Bon courage,

vendredi, juillet 4 2008

Commentaire composé - La Vie de Marianne, Marivaux

TEXTE A - Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, La Vie de Marianne, 1742.

[Nous sommes au début du roman.]

   Avant que de donner cette histoire au public, il faut lui apprendre comment je l'ai trouvée.
  Il y a six mois que j'achetai une maison de campagne à quelques lieues de Rennes, qui, depuis trente ans, a passé successivement entre les mains de cinq ou six personnes. J'ai voulu faire changer quelque chose à la disposition du premier appartement, et dans une armoire pratiquée dans l'enfoncement d'un mur, on y a trouvé un manuscrit en plusieurs cahiers contenant l'histoire qu'on va lire, et le tout d'une écriture de femme. On me l'apporta ; je le lus avec deux de mes amis qui étaient chez moi, et qui depuis ce jour-là n'ont cessé de me dire qu'il fallait le faire imprimer : je le veux bien, d'autant plus que cette histoire n'intéresse1 personne. Nous voyons par la date que nous avons trouvée à la fin du manuscrit, qu'il y a quarante ans qu'il est écrit ; nous avons changé le nom de deux personnes dont il y est parlé, et qui sont mortes. Ce qui y est dit d'elles est pourtant très indifférent ; mais n'importe : il est toujours mieux de supprimer leurs noms.
  Voilà tout ce que j'avais à dire : ce petit préambule m'a paru nécessaire, et je l'ai fait du mieux que j'ai pu, car je ne suis point auteur, et jamais on n'imprimera de moi que cette vingtaine de lignes-ci.
  Passons maintenant à l'histoire. C'est une femme qui raconte sa vie ; nous ne savons qui elle était. C'est la Vie de Marianne ; c'est ainsi qu'elle se nomme elle-même au commencement de son histoire ; elle prend ensuite le titre de comtesse ; elle parle à une de ses amies dont le nom est en blanc, et puis c'est tout.

   Quand je2 vous ai fait le récit de quelques accidents de ma vie, je ne m'attendais pas, ma chère amie, que vous me prieriez de vous la donner toute entière, et d'en faire un livre à imprimer. Il est vrai que l'histoire en est particulière, mais je la gâterai, si je l'écris ; car où voulez-vous que je prenne un style ?
  II est vrai que dans le monde on m'a trouvé de l'esprit ; mais, ma chère, je crois que cet esprit-là n'est bon qu'à être dit, et qu'il ne vaudra rien à être lu.
  Nous autres jolies femmes, car j'ai été de ce nombre, personne n'a plus d'esprit que nous, quand nous en avons un peu : les hommes ne savent plus alors la valeur de ce que nous disons ; en nous écoutant parler, ils nous regardent, et ce que nous disons profite de ce qu'ils voient.
  J'ai vu une jolie femme dont la conversation passait pour un enchantement, personne au monde ne s'exprimait comme elle ; c'était la vivacité, c'était la finesse même qui parlait : les connaisseurs n'y pouvaient tenir de plaisir. La petite vérole3 lui vint, elle en resta extrêmement marquée : quand la pauvre femme reparut, ce n'était plus qu'une babillarde4 incommode. Voyez combien auparavant elle avait emprunté d'esprit de son visage ! Il se pourrait bien faire que le mien m'en eût prêté aussi dans le temps qu'on m'en trouvait beaucoup. Je me souviens de mes yeux de ce temps-là, et je crois qu'ils avaient plus d'esprit que moi.
  Combien de fois me suis-je surprise à dire des choses qui auraient eu bien de la peine à passer toutes seules ! Sans le jeu d'une physionomie friponne qui les accompagnait, on ne m'aurait pas applaudie comme on faisait, et si une petite vérole était venue réduire cela à ce que cela valait, franchement, je pense que j'y aurais perdu beaucoup. #
  Il n'y a pas plus d'un mois, par exemple, que vous me parliez encore d'un certain jour (et il y a douze ans que ce jour est passé) où, dans un repas, on se récria tant sur ma vivacité ; eh bien ! en conscience, je n'étais qu'une étourdie. Croiriez-vous que je l'ai été souvent exprès, pour voir jusqu'où va la duperie des hommes avec nous ? Tout me réussissait, et je vous assure que dans la bouche d'une laide, mes folies auraient paru dignes des Petites-Maisons5 : et peut-être que j'avais besoin d'être aimable dans tout ce que je disais de mieux. Car à cette heure que mes agréments sont passés, je vois qu'on me trouve un esprit assez ordinaire, et cependant je suis plus contente de moi que je ne l'ai jamais été. Mais enfin, puisque vous voulez que j'écrive mon histoire, et que c'est une chose que vous demandez à mon amitié, soyez satisfaite : j'aime encore mieux vous ennuyer que de vous refuser.
  Au reste, je parlais tout à l'heure de style, je ne sais pas seulement ce que c'est. Comment fait-on pour en avoir un ? Celui que je vois dans les livres, est-ce le bon ? Pourquoi donc est-ce qu'il me déplaît tant le plus souvent ? Celui de mes lettres vous paraît-il passable ?
  J'écrirai ceci de même.
  N'oubliez pas que vous m'avez promis de ne jamais dire qui je suis ; je ne veux être connue que de vous.
  Il y a quinze ans que je ne savais pas encore si le sang d'où je sortais était noble ou non, si j'étais bâtarde ou légitime. Ce début paraît annoncer un roman : ce n'en est pourtant pas un que je raconte; je dis la vérité comme je l'ai apprise de ceux qui m'ont élevée.

1. n'intéresse : ne met enjeu aucune personne vivante.
2. je : ici commence le récit de Marianne,
3. la petite vérole : maladie qui couvre le visage de pustules.
4. babillarde : bavarde,
5. Petites-Maisons : hôpital parisien, lieu d'internement pour malades mentaux.


Commentaire

Vous commenterez le texte de Marivaux (texte A), depuis le début jusqu'à « je pense que j'y aurais perdu beaucoup.(#)»

[voir le sujet d'annales complet]

La carte d'identité du texte

L’objectif sera de dégager les éléments principaux sur lesquels vont s’appuyer le commentaire.

  • Le genre : roman (incipit).   
  • Type de texte : narratif, explicatif.
  • Enonciation : Plusieurs situation d'énonciation à analyser. Un préambule d'un narrateur (qui n'est pas Marivaux : "je ne suis point auteur") s'adressant au lecteur. Et dans un deuxième temps, une narratrice Marianne ("je") s'adressant à une amie ("vous"). 
  • Contexte : on s'interrogera sur le titre du roman "La vie de Marianne", repris dans l'extrait et qui oriente le récit vers une autobiographie fictive.
  • Thèmes : le portrait de Marianne, la condition féminine au début du XVIIIème siècle, l'écriture.   
  • Séquence de l’année à laquelle renvoie ce texte : « Le roman et ses personnages ». Voir la création d'un personnage, une vision du monde à travers un personnage, les caractéristiques d'un incipit (fixer un cadre, intéresser le lecteur...).   
  • Structure : deux parties évidentes. Plutôt que de les considérer comme deux séquences disjointes, on s'attachera à évaluer le rapport qui les lie au sein de l'incipit.   
  • La question préliminaire: celle-ci offre déjà une piste d'étude. 
Voici quelques pistes à approfondir et qui peuvent conduire à établir des axes de lecture et une problématique. Pour l'analyse détaillée, je vous renvoie à la fiche méthode « Commentaire composé ».

Bon courage,

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