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samedi, mai 31 2008

Bac français - Invention - "Je n'aime pas les vers : j'aime la poésie !"


Invention

Pour une revue de poésie créée avec des camarades, vous devez écrire un article intitulé : "Je n'aime pas les vers : j'aime la poésie !". Rédigez cet article en l'illustrant de citations tirées des textes du corpus et en vous aidant de vos lectures de classe ou personnelles. Vous donnerez à votre prose un ton convaincu, sans aucune familiarité.

[voir le sujet d'annales complet]

Le travail préparatoire

L’objectif sera de dégager les éléments principaux sur lesquels vont s’appuyer l'écriture d'invention.

  • Forme : article de revue.
  • Type de texte : argumentatif.  
  • Analyse du sujet : le sujet inetrroge la définition de la poésie. En s'inspirant du texte de Dantzig, il y a à démontrer que le champ de la poésie ne se réduit pas à la versification. 
  • Registre : "ton convaincu". Donc pas de demi mesure, vous pouvez utiliser tous les artifices qui affichent votre conviction (vocabulaire, ponctuation etc.).   
  • Enonciation : forte présence du "je". On peut manifester ses sentiments (modalisation, subjectivité). Attention à ne pas se contenter d'un simple j'aime/je n'aime pas. Convaincre, c'est argumenter.
  • Structure : Si un plan en deux parties "Je n'aime pas les vers" puis "j'aime la poésie" n'est pas obligatoire, je le conseille pour ceux qui ne sont pas très à l'aise avec ce sujet, vous serez ainsi sûr de manifester une compréhension claire du sujet. Et puis faites un plan détaillé pour ranger vos arguments en prévoyant une progression (les arguments les plus percutants à la fin).  
  • Corpus : puisqu'on vous le demande explicitement, vous pouvez puiser abondamment vos citations dans les textes du corpus. Il va de soi qu'un devoir présentant d'autres citations sera valorisé (pensez aux poèmes étudiées en lecture analytique). 
  • Remarque : on peut s'appuyer sur le texte de Dantzig qui offre de nombreux arguments, mais faites très très attention à ne pas paraphraser : ce serait à coup sûr nuisible. 
Voici quelques pistes à approfondir et qui peuvent conduire à cadrer votre travail. Pour la suite, je vous renvoie à la fiche méthode « sujet d'invention ».

Bon courage,

Dissertation - "La poésie ne se trouve pas que dans les vers"

Dissertation

Dans le Dictionnaire égoïste de la littérature française, Charles Dantzig affirme : "La poésie ne se trouve pas que dans les vers". Vous direz si vous partagez son point de vue dans un développement argumenté, en vous appuyant sur les textes du corpus, sur ceux que vous avez étudiés en classe ou lus personnellement.

[voir le sujet d'annales complet]

Le travail préparatoire

L’objectif sera de dégager les éléments principaux sur lesquels vont s’appuyer la dissertation.

  • Le type de sujet : un "point de vue" à discuter. On s'oriente naturellement vers un plan dialectique.  
  • Les mots clefs : "la poésie". Le sujet interroge la définition de la poésie, et plus précisément le rapport entre la poésie et les caractéristiques formelles, ici le vers.        
  • Définir les notions : Il vous faut bien analyser le sens que donne Ch. Dantzig à la poésie. Celle-ci ne s'envisage plus dans une opposition "classique" à la prose mais dans une esthétique ouverte sur toute littérature, "bonne", ajoute-t-il.
  • Le cadre : Dantzig en vient à dépasser le cadre de la littérature. Y faire mention n'est pas interdit mais on se gardera bien de ne pas baser son plan dessus. La dissertation doit rester une dissertation littéraire. Dans ce sujet, la problématique sera très importante et il faudra la garder à l'esprit car il sera très facile de dériver vers un copier-coller d'un cours sur l'évolution de la poésie (la tradition héritée de l'antiquité, les formes fixes, le classicisme, l'introduction du vers libre puis celle des poèmes en prose)    
  • Les connaissances : vous devez pouvoir remotiver les connaissances issues de vos cours su la poésie. Utilisez-les à bon escient (voir ci-dessus).
  • Les questions préliminaires : elles doivent vous apporter quelques éléments de réponses. 
  • Les textes du corpus : notez que le texte B est tiré d'une autobiographie, le texte C d'un roman.  
Voici quelques pistes à approfondir et qui peuvent conduire à établir une problématique. Pour la suite, je vous renvoie à la fiche méthode Dissertation.

Bon courage,

Commentaire composé - "L'échelonnement des haies", Paul Verlaine

Texte A - Paul Verlaine, "L'échelonnement des haies" (Sagesse, III, 1881).

L'échelonnement des haies
Moutonne à l'infini, mer
Claire dans le brouillard clair
Qui sent bon les jeunes baies.

Des arbres et des moulins
Sont légers sur le vert tendre
Où vient s'ébattre et s'étendre
L'agilité des poulains .

Dans ce vague d'un Dimanche
Voici se jouer aussi
De grandes brebis aussi
Douces que leur laine blanche.

Tout à l'heure déferlait
L'onde, roulée en volutes1,
De cloches comme des flûtes
Dans le ciel comme du lait.

Stickney, 75

1.volutes : en spirales.


Commentaire

Vous commenterez le poème de Paul Verlaine "L'échelonnement des haies" (texte A), en vous aidant du parcours de lecture suivant :
- vous analyserez comment le recours aux sensations contribue à construire le paysage ;
- vous étudierez comment le poète parvient à créer une atmosphère en accord avec le titre du recueil dont est extrait le poème.

[voir le sujet d'annales complet]

La carte d'identité du texte

L’objectif sera de dégager les éléments principaux sur lesquels vont s’appuyer le commentaire.

  • Le genre : poème. Il faut donc en repérer toutes les caractéristiques formelles (vous devez avoir un cours sur ce sujet). 
  • Types de texte : descriptif (cf "construire le paysage").
  • Enonciation : narrateur externe mais mais il y a à analyser le point de vue du narrateur. 
  • Contexte général : Paul Verlaine (1844-1896), poète symboliste.   
  • Les thèmes : évocation de la Nature, la quiétude.
  • Registre : laudatif (loue la nature, lexique mélioratif etc.) 
  • Séquence de l’année à laquelle renvoie ce texte : « la poésie ». Remobilisez les connaissances afférentes à ces cours, et notamment le vocabulaire technique. Avec une attention particulière au lexique, aux images, aux jeux avec la langue.  
  • Les consignes : Passage obligé, il vous faut bien les analyser, bien en comprendre les enjeux. Par exemple, pour la première séquence, un simple relevé des "sens" ne serait pas suffisant car la consigne demande d'analyser le rapport entre les sensations et la construction du paysage. Et on doit s'interroger sur le mot "construction". La deuxième consigne interroge le mot "sagesse" : le mot est polysémique et il vous faut dégager le sens le plus pertinent pour ce poème en vous posant cette question : qu'est-ce qui témoigne d'une sagesse dans ce poème ? Et encore une fois, il ne suffit pas de définir la sagesse mais surtout d'expliquer comment le poète crée cette atmosphère, c'est-à-dire les outils qu'il utilise pour ce faire.          
Voici quelques pistes à approfondir et qui peuvent conduire à établir des axes de lecture et une problématique. Pour l'analyse détaillée, je vous renvoie à la fiche méthode « Commentaire composé ».

Bon courage,

EAF 2006 - Séries technologiques

Objet d'étude : La poésie.

Textes :

Texte A - Paul Verlaine, "L'échelonnement des haies" (Sagesse III, 1881)
Texte B - Colette, Les Vrilles de la vigne, 1908
Texte C - Marcel Proust, Sodome et Gomorrhe, II, chapitre premier, 1921
Texte D - Gustave Roud, Air de solitude, 1945
Texte E - Charles Dantzig, Dictionnaire égoïste de littérature française, 2005.

 

Texte A - Paul Verlaine, "L'échelonnement des haies" (Sagesse, III, 1881).

L'échelonnement des haies
Moutonne à l'infini, mer
Claire dans le brouillard clair
Qui sent bon les jeunes baies.

Des arbres et des moulins
Sont légers sur le vert tendre
Où vient s'ébattre et s'étendre
L'agilité des poulains .

Dans ce vague d'un Dimanche
Voici se jouer aussi
De grandes brebis aussi
Douces que leur laine blanche.

Tout à l'heure déferlait
L'onde, roulée en volutes1,
De cloches comme des flûtes
Dans le ciel comme du lait.

Stickney, 75

1.volutes : en spirales.

 

Texte B -  Colette, Les Vrilles de la vigne, 1908.

[Dans le chapitre intitulé "Jour gris", la narratrice évoque la région de son enfance.]

  J'appartiens à un pays que j'ai quitté. Tu ne peux empêcher qu'à cette heure s'y épanouisse au soleil toute une chevelure embaumée de forêts.
  Rien ne peut empêcher qu'à cette heure l'herbe profonde y noie le pied des arbres, d'un vert délicieux et apaisant dont mon âme a soif... Viens, toi qui l'ignores, viens que je te dise tout bas : le parfum des bois de mon pays égale la fraise et la rose ! Tu jugerais, quand les taillis de ronces y sont en fleurs, qu'un fruit mûrit on ne sait où — là-bas, ici, tout près —, un fruit insaisissable qu'on aspire en ouvrant les narines. Tu jugerais, quand l'automne pénètre et meurtrit les feuillages tombés, qu'une pomme trop mûre vient de choir, et tu la cherches, et tu la flaires, ici, là-bas, tout près...
  Et si tu passais en juin, entre les prairies fauchées, à l'heure où la lune ruisselle sur les meules rondes qui sont les dunes de mon pays, tu sentirais, à leur parfum, s'ouvrir ton cœur. Tu fermerais les yeux, avec cette fierté grave dont tu voiles ta volupté, et tu laisserais tomber la tête, avec un muet soupir...
  Et si tu arrivais, un jour d'été, dans mon pays, au fond d'un jardin que je connais, un jardin noir de verdure et sans fleurs, — si tu regardais bleuir, au lointain, une montagne ronde où les cailloux, les papillons et les chardons se teignent du même azur mauve et poussiéreux, tu m'oublierais, et tu t'assoirais là, pour n'en plus bouger jusqu'au terme de ta vie !

 

Texte C - Marcel Proust, Sodome et Gomorrhe, II, chapitre premier, 1921.

[Le narrateur part se promener sur une petite route normande.]

[...] Mais, dès que je fus arrivé à la route, ce fut un éblouissement. Là où je n'avais vu, avec ma grand-mère, au mois d'août, que les feuilles et comme l'emplacement des pommiers, à perte de vue ils étaient en pleine floraison, d'un luxe inouï, les pieds dans la boue et en toilette de bal, ne prenant pas de précautions pour ne pas gâter le plus merveilleux satin rose qu'on eût jamais vu et que faisait briller le soleil ; l'horizon lointain de la mer fournissait aux pommiers comme un arrière-plan d'estampe japonaise1 ; si je levais la tête pour regarder le ciel entre les fleurs, qui faisaient paraître son bleu rasséréné2, presque violent, elles semblaient s'écarter pour montrer la profondeur de ce paradis. Sous cet azur, une brise légère mais froide faisait trembler légèrement les bouquets rougissants. Des mésanges bleues venaient se poser sur les branches et sautaient entre les fleurs, indulgentes, comme si c'eût été un amateur d'exotisme et de couleurs qui avait artificiellement créé cette beauté vivante. Mais elle touchait jusqu'aux larmes parce que, si loin qu'elle allât dans ses effets d'art raffiné, on sentait qu'elle était naturelle, que ces pommiers étaient là en pleine campagne, comme des paysans sur une grande route de France. [...]

1. Estampe japonaise : gravure représentant souvent un paysage stylisé.
2. Rasséréné : ravivé, encore plus bleu.

 

Texte D - Gustave Roud, Air de solitude, 1945.

Extrême-automne

  Qu'il est donc rapide, le glissement d'une saison moribonde vers la saison future ! Hier encore (il semble que c'était hier), ce grand pays sous le soleil sec de septembre s'abandonnait aux charrues. Elles ouvraient dans l'herbe rase des prairies de longues blessures roses d'heure en heure élargies. À la pointe du dernier sillon, Fernand, l'épaule nue et dorée comme au plein de l'été, une main sur le soc1 éblouissant, portait de l'autre à ses lèvres une pomme si rouge que le ciel autour d'elle avivait son bleu trop doux. Les chevaux las s'endormaient au repos et leurs crinières, en se penchant vers le sommeil, démasquaient par à-coups le ruban d'horizon, ses pans de collines, ses villages minuscules délicatement dessinés, avec le compte exact des toitures et des arbres leurs couleurs posées côte à côte sans une bavure, à peine amorties au fond de l'air mûri comme un vin d'or. [...]

1. soc : fer de charrue servant à labourer.

 

Texte E - Charles Dantzig, Dictionnaire égoïste de littérature française, 2005.

 POESIE : [...] La poésie n'existe pas à l'état naturel. Loin d'être un fait qui préexisterait à l'homme et que celui-ci découvrirait, elle est sa création et son triomphe. Quand Balzac1 parle de poésie du commerce, ce n'est pas qu'elle s'y trouve, c'est qu'il l'y met. Sa sensibilité lui fait transfigurer certains éléments du commerce que les autres ne regardaient même pas. La poésie est la forme supérieure de l'imagination. C'est pour cela qu'on la croit apparentée à la divination.
  Or, elle n'a rien à voir avec la Pythie, les mystères d'Eleusis, Dr Imbéné Ravalavanavano amour argent examens2. La poésie, c'est du travail. Il en résulte un chant faisant croire qu'elle se passe dans le ciel. Le poète marche sur une corde. Elle est posée par terre.
  La poésie ne se trouve pas que dans les vers. Elle est là où le talent la met. La poésie est le résultat de toute bonne littérature. Mallarmé3 : "Mais, en vérité, il n'y a pas de prose" (réponse à l'Enquête de Jules Huret4.
  Le poème est l'objet; la poésie, éventuellement, le résultat. La poésie est même le résultat de tout art réussi : un tableau est de la poésie, un beau vêtement bien porté est de la poésie, etc. Est poésie le résultat de toute activité humaine menée à bien. Un geste gracieux est de la poésie, un mouvement de troupe bien accompli est de la poésie. [...]

1. Balzac (1799-1850) : romancier français.
2. Tous les noms cités dans cette phrase sont ceux de devins ou de mages censés prédire l'avenir.
3. Mallarmé (1842-1898) : poète français.
4. Jules Huret (1863-1915) : journaliste à L'Echo de Paris. Il fit paraître, en 1891, une enquête sur l'évolution de la littérature.

 


I. Vous répondrez d'abord aux questions suivantes (6 points)

1.       Dégagez les points communs et les différences entre les quatre premiers textes du corpus. (3 points)

2.       Reformulez trois des idées essentielles du texte de Charles Dantzig. (3 points).

II. Vous traiterez un de ces sujets au choix (14 points):

Commentaire (voir la fiche)
Vous commenterez le poème de Paul Verlaine "L'échelonnement des haies" (texte A), en vous aidant du parcours de lecture suivant :
- vous analyserez comment le recours aux sensations contribue à construire le paysage ;
- vous étudierez comment le poète parvient à créer une atmosphère en accord avec le titre du recueil dont est extrait le poème.

Dissertation (voir la fiche)
Dans le Dictionnaire égoïste de la littérature française, Charles Dantzig affirme : "La poésie ne se trouve pas que dans les vers". Vous direz si vous partagez son point de vue dans un développement argumenté, en vous appuyant sur les textes du corpus, sur ceux que vous avez étudiés en classe ou lus personnellement.

Invention (voir la fiche)
Pour une revue de poésie créée avec des camarades, vous devez écrire un article intitulé : "Je n'aime pas les vers : j'aime la poésie !". Rédigez cet article en l'illustrant de citations tirées des textes du corpus et en vous aidant de vos lectures de classe ou personnelles. Vous donnerez à votre prose un ton convaincu, sans aucune familiarité.

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