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Balise - 2005

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mardi, juin 10 2008

Bac français - sujet d'invention - en réaction à un texte de Victor Hugo : "Réponse à un acte d'accusation".


Invention

À sa parution, le texte de Hugo suscite un vif débat dans la presse. Vous écrivez alors un article polémique, dans lequel vous défendez ou, au contraire, attaquez sa conception selon laquelle la poésie doit employer tous les moyens expressifs qu'elle désire, sans se plier aux règles.

[voir le sujet d'annales complet]

Le travail préparatoire

L’objectif sera de dégager les éléments principaux sur lesquels vont s’appuyer l'écriture d'invention.

  • Forme : un article (voir votre cours sur le sujet).
  • Type de texte : argumentatif.  
  • Registre : polémique.     
  • Enonciation : Attention à ne pas s'enfermer dans le "je" (je pense que..., je crois que..., je dis que...). Ils vous faut trouver des arguments qui dépassent les opinions ou sentiments d'une seule personne. L'énonciateur n'est pas là pour donner son avis mais pour convaincre que son avis est le bon. N'oubliez pas de jouer avec la modalisation et les évaluatifs (péjoratifs et/ou mélioratifs).
  • Contexte général : 1856. Donc éviter les anachronismes. Par exemple, on ne peut pas faire référence à A.Rimbaud. On peut aussi oublier Ch.Baudelaire, peu connu en 1856.
  • Structure : L'article doit être efficace. Les arguments doivent être soigneusement choisis et agencés. Il faut donc préparer une stratégie argumentative.
  • Remarque : Le sujet laisse le choix de la position à adopter. Au brouillon, n'hésitez pas à travailler les deux points de vue, afin de choisir celui qui vous permettra de faire le devoir le plus pertinent, mais aussi pour mesurer la force des arguments (en fonction des objections qu'on pourrait leur faire).
Voici quelques pistes à approfondir et qui peuvent conduire à cadrer votre travail. Pour la suite, je vous renvoie à la fiche méthode « sujet d'invention ».

Bon courage,

Dissertation - La rébellion contre l'héritage des poètes précédents est-elle indispensable à la création poétique ?

Dissertation

La rébellion contre l'héritage des poètes précédents est-elle indispensable à la création poétique ?
Vous répondrez en vous appuyant sur les textes qui vous sont proposés, ceux que vous avez étudiés en classe et vos lectures personnelles.

[voir le sujet d'annales complet]

Le travail préparatoire

L’objectif sera de dégager les éléments principaux sur lesquels vont s’appuyer la dissertation.

  • Le type de sujet : une opinion à discuter.  
  • Les mots clefs et les notions à définir : le sujet met en relation "l'héritage" littéraire et la "création". Il vous faut définir la notion de "création poétique" : est-ce synonyme de nouveauté ? Créer, est-ce faire du neuf ? Qu'est ce que le neuf ? Définir également "l'héritage" : à quoi correspond-il, quel en est la pertinence ? En quoi peut-il nuire à la création ? Pourquoi utiliser le terme de "rébellion", le sujet n'évoque pas une évolution des pratiques poétiques mais bien une rupture, suggérée par le mot "rébellion". Et enfin, la question porte sur le caractère "indispensable". En quoi serait-ce indispensable ? Pour mieux s'approprier et comprendre la question, on peut faire jouer les différents degrés : indispensable, nécessaire, utile.
  • Le cadre : même si le thème pourrait être élargi à l'ensemble de la littérature, on se gardera de rester dans le champ poétique, sans pour autant ignorer, pour V.Hugo par exemple, que la "rébellion" est plus générale (théâtre, roman).
  • Les connaissances : il est indispensable de bien connaître son cours pour traiter ce sujet, en particulier l'histoire littéraire. Celle-ci présente, à travers les différents mouvements littéraires et l'évolution des formes, nombre de crises qui peuvent donner une vision d'ensemble sur le sujet, ainsi que des exemples pertinents.      
  • Les textes du corpus : un théoricien, Boileau, de ceux qui ont forgé des règles. Et deux poètes en rupture avec les codes de leur temps. N'oubliez pas de bien les replacer dans leur contexte historique pour éviter les amalgames.
Voici quelques pistes à approfondir et qui peuvent conduire à établir une problématique. Pour la suite, je vous renvoie à la fiche méthode Dissertation.

Bon courage,

Bac français - "Réponse à un acte d'accusation", Victor Hugo

Texte B - Victor Hugo, Les Contemplations, Livre premier, VII (1856) « Réponse à un acte d'accusation »

Les mots, bien ou mal nés, vivaient parqués en castes;
Les uns, nobles, hantant les Phèdres, les Jocastes,
Les Méropes1, ayant le décorum pour loi,
Et montant à Versaille2 aux carrosses du roi;
Les autres, tas de gueux, drôles patibulaires3,
Habitant les patois ; quelques-uns aux galères
Dans l'argot ; dévoués à tous les genres bas,
Déchirés en haillons dans les halles ; sans bas,
Sans perruque ; créés pour la prose et la farce;
Populace du style au fond de l'ombre éparse;
Vilains, rustres, croquants, que Vaugelas4 leur chef
Dans le bagne Lexique avait marqués d'une F;
N'exprimant que la vie abjecte et familière,
Vils, dégradés, flétris, bourgeois, bons pour Molière.
Racine regardait ces marauds de travers;
Si Corneille en trouvait un blotti dans son vers,
Il le gardait, trop grand pour dire : Qu'il s'en aille;
Et Voltaire criait : Corneille s'encanaille !
Le bonhomme Corneille, humble, se tenait coi.
Alors, brigand, je vins; je m'écriai : Pourquoi
Ceux-ci toujours devant, ceux-là toujours derrière ?
Et sur l'Académie, aïeule et douairière5,
Cachant sous ses jupons les tropes8 effarés,
Et sur les bataillons d'alexandrins carrés,
Je fis souffler un vent révolutionnaire.
Je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire.
Plus de mot sénateur ! plus de mot roturier !
Je fis une tempête au fond de l'encrier,
Et je mêlai, parmi les ombres débordées,
Au peuple noir des mots l'essaim blanc des idées;
Et je dis : Pas de mot où l'idée au vol pur
Ne puisse se poser, tout humide d'azur !
Discours affreux ! – Syllepse, hypallage, litote6,
Frémirent ; je montai sur la borne Aristote7,
Et déclarai les mots égaux, libres, majeurs.
Tous les envahisseurs et tous les ravageurs,
Tous ces tigres, les Huns, les Scythes et les Daces8,
N'étaient que des toutous auprès de mes audaces;
Je bondis hors du cercle et brisai le compas.
Je nommai le cochon par son nom; pourquoi pas ?

1. Personnages de tragédies.
2. L'absence de la lettre "s" est volontaire.
3. Inquiétants.
4. Vaugelas : auteur des Remarques sur la langue française (1647). Il y codifie la langue selon l'usage de l'élite.
5. L'Académie Française, garante des règles; "Douairière" : vieille femme..
6. Figures de style.
7. Aristote, philosophe grec,  avait codifié les genres et les styles.
8. Peuples considérés ici comme barbares.


Commentaire

Commentez le texte de Hugo (texte B).

[voir le sujet d'annales complet]

La carte d'identité du texte

L’objectif sera de dégager les éléments principaux sur lesquels vont s’appuyer le commentaire.

  • Le genre : poème.   
  • Type de texte : narratif et argumentatif.
  • Enonciation : narrateur/auteur à la première personne et qui apparaît explicitement à partir du vers 20. 
  • Contexte général : ne pas se tromper sur la valeur du passé simple ("je vins"), V.Hugo revient bien sur son parcours littéraire et ses premiers combats (la révolution que représente le romantisme, vers 1830).
  • Thèmes : la poésie, le lexique, les registres de langue, la métrique du vers.  
  • Registre : polémique (satirique, ironique). À analyser absolument : observer notamment le vocabulaire évaluatif : péjoratif ou mélioratif.   
  • Séquences de l’année à laquelle renvoie ce texte : « la poésie » et "Convaincre, persuader, délibérer". Et notamment tous les outils d'analyse spécifique à la poésie.  
  • Structure : deux parties. Un même récit pour un portrait à charge de la poésie, puis un plaidoyer pour son oeuvre.  
  • Remarque : faire attention au champ lexicaux et aux nombreuses figures de style... de la ressemblance (les images).  
  • Autre remarque : face à un poème qui aborde le thème de la poésie, il n'est pas inutile de vérifier si le propos de Victor Hugo s'applique à ce poème.            
Voici quelques pistes à approfondir et qui peuvent conduire à établir des axes de lecture et une problématique. Pour l'analyse détaillée, je vous renvoie à la fiche méthode « Commentaire composé ».

Bon courage,

EAF 2005 - Série ES/S

Objet d'étude : La poésie.

Textes : 

Texte A - Nicolas Boileau, Art poétique, chant I (1674)
Texte B - Victor Hugo, Les Contemplations, Livre premier, VII (1856) « Réponse à un acte d'accusation »
Texte C - Arthur Rimbaud, Lettre à Paul Demeny, dite « du voyant » (Charleville, 15 mai 1871).

 

Texte A - Nicolas Boileau, Art poétique, chant I (1674)

  Surtout qu'en vos écrits la langue révérée
Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée.
En vain vous me frappez d'un son mélodieux,
Si le terme est impropre, ou le tour vicieux;
Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme,
Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme1.
Sans la langue, en un mot, l'auteur le plus divin
Est toujours, quoi qu'il fasse, un méchant écrivain.
Travaillez à loisir, quelque ordre qui vous presse,
Et ne vous piquez point d'une folle vitesse;
Un style si rapide, et qui court en rimant,
Marque moins trop d'esprit, que peu de jugement.
J'aime mieux un ruisseau qui sur la molle arène
Dans un pré plein de fleurs lentement se promène,
Qu'un torrent débordé qui, d'un cours orageux,
Roule, plein de gravier, sur un terrain fangeux.
Hâtez-vous lentement; et, sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage :
Polissez-le sans cesse et le repolissez;
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.
C'est peu qu'en un ouvrage où les fautes fourmillent,
Des traits d'esprit semés de temps en temps pétillent.
Il faut que chaque chose y soit mise en son lieu;
Que le début, la fin répondent au milieu;
Que d'un art délicat les pièces assorties
N'y forment qu'un seul tout de diverses parties :
Que jamais du sujet le discours s'écartant
N'aille chercher trop loin quelque mot éclatant.
Craignez-vous pour vos vers la censure publique?
Soyez-vous à vous-même un sévère critique.

1. "barbarisme", "solécisme" : incorrections.

 

Texte B - Victor Hugo, Les Contemplations, Livre premier, VII (1856) « Réponse à un acte d'accusation »

Les mots, bien ou mal nés, vivaient parqués en castes;
Les uns, nobles, hantant les Phèdres, les Jocastes,
Les Méropes1, ayant le décorum pour loi,
Et montant à Versaille2 aux carrosses du roi;
Les autres, tas de gueux, drôles patibulaires3,
Habitant les patois ; quelques-uns aux galères
Dans l'argot ; dévoués à tous les genres bas,
Déchirés en haillons dans les halles ; sans bas,
Sans perruque ; créés pour la prose et la farce;
Populace du style au fond de l'ombre éparse;
Vilains, rustres, croquants, que Vaugelas4 leur chef
Dans le bagne Lexique avait marqués d'une F;
N'exprimant que la vie abjecte et familière,
Vils, dégradés, flétris, bourgeois, bons pour Molière.
Racine regardait ces marauds de travers;
Si Corneille en trouvait un blotti dans son vers,
Il le gardait, trop grand pour dire : Qu'il s'en aille;
Et Voltaire criait : Corneille s'encanaille !
Le bonhomme Corneille, humble, se tenait coi.
Alors, brigand, je vins; je m'écriai : Pourquoi
Ceux-ci toujours devant, ceux-là toujours derrière ?
Et sur l'Académie, aïeule et douairière5,
Cachant sous ses jupons les tropes6 effarés,
Et sur les bataillons d'alexandrins carrés,
Je fis souffler un vent révolutionnaire.
Je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire.
Plus de mot sénateur ! plus de mot roturier !
Je fis une tempête au fond de l'encrier,
Et je mêlai, parmi les ombres débordées,
Au peuple noir des mots l'essaim blanc des idées;
Et je dis : Pas de mot où l'idée au vol pur
Ne puisse se poser, tout humide d'azur !
Discours affreux ! – Syllepse, hypallage, litote6,
Frémirent ; je montai sur la borne Aristote7,
Et déclarai les mots égaux, libres, majeurs.
Tous les envahisseurs et tous les ravageurs,
Tous ces tigres, les Huns, les Scythes et les Daces8,
N'étaient que des toutous auprès de mes audaces;
Je bondis hors du cercle et brisai le compas.
Je nommai le cochon par son nom; pourquoi pas ?

1. Personnages de tragédies.
2. L'absence de la lettre "s" est volontaire.
3. Inquiétants.
4. Vaugelas : auteur des Remarques sur la langue française (1647). Il y codifie la langue selon l'usage de l'élite.
5. L'Académie Française, garante des règles; "Douairière" : vieille femme..
6. Figures de style.
7. Aristote, philosophe grec,  avait codifié les genres et les styles.
8. Peuples considérés ici comme barbares.

 

Texte C - Arthur Rimbaud, Lettre à Paul Demeny, dite « du voyant » (Charleville, 15 mai 1871).

  Trouver une langue;
     —  Du reste, toute parole étant idée, le temps d'un langage universel viendra ! Il faut être académicien, —  plus mort qu'un fossile, —  pour parfaire un dictionnaire, de quelque langue que ce soit. Des faibles se mettraient à penser sur la première lettre de l'alphabet, qui pourraient vite ruer dans la folie ! —
     Cette langue sera de l'âme pour l'âme, résumant tout, parfums, sons, couleurs, de la pensée accrochant la pensée et tirant. Le poète définirait la quantité d'inconnu s"éveillant en son temps dans l'âme universelle : il donnerait plus —  que la formule de sa pensée, que la notation de sa marche au Progrès ! Énormité devenant norme, absorbée par tous, il serait vraiment un multiplicateur de progrès !
     Cet avenir sera matérialiste, vous le voyez; —  Toujours pleins du Nombre et de l'Harmonie ces poèmes seront fait pour rester. —  Au fond, ce serait encore un peu la Poésie grecque.
     L'art éternel aurait ses fonctions; comme les poètes sont des citoyens. La Poésie ne rythmera plus l'action : elle sera en avant.
    Ces poètes seront ! Quand sera brisé l'infini servage de la femme, quand elle vivra pour elle et par elle, l'homme, jusqu'ici abominable, —  lui ayant donné son renvoi, elle sera poète, elle aussi ! La femme trouvera de l'inconnu ! Ses mondes d'idées différeront-ils des nôtres ? — Elle trouvera des choses étranges, insondables, repoussantes, délicieuses; nous les prendrons, nous les comprendrons.
En attendant, demandons aux poètes du nouveau, —  idées et formes.

 


I- Après avoir pris connaissance de l'ensemble des textes, vous répondrez d'abord â la question suivante (4 points) :

Quelle est la conception de la poésie qui s'exprime dans chacun de ces textes ?

II. Vous traiterez ensuite, au choix, l'un des sujets suivants (16 points) :

·         Commentaire (voir la fiche)
Commentez le texte de Hugo (texte B).

·         Dissertation (voir la fiche)
La rébellion contre l'héritage des poètes précédents est-elle indispensable à la création poétique ?
Vous répondrez en vous appuyant sur les textes qui vous sont proposés, ceux que vous avez étudiés en classe et vos lectures personnelles.

·         Invention (voir la fiche)
À sa parution, le texte de Hugo suscite un vif débat dans la presse. Vous écrivez alors un article polémique, dans lequel vous défendez ou, au contraire, attaquez sa conception selon laquelle la poésie doit employer tous les moyens expressifs qu'elle désire, sans se plier aux règles.

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