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lundi, juin 20 2011

EAF 2011 - Séries technologiques

SÉRIES TECHNOLOGIQUES

 

Objet d'étude : Le théâtre, texte et représentation.

Corpus :
Texte A : Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais,
Le Barbier de Séville, acte I, scènes 1 et 2 (extrait), (1775).
Texte B : Alfred de Musset,
On ne badine pas avec l’amour, acte I, scène 1 (extrait) (1834).
Texte C : Eugène Labiche,
Un chapeau de paille d’Italie, acte I, scène 1 (1851).
Texte D : Eduardo Manet,
Quand deux dictateurs se rencontrent, (incipit), © Actes Sud-Papiers (1996).

 

TEXTE A : Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, Le Barbier de Séville, acte I, scènes 1 et 2, (1775).).

ACTE PREMIER

 Le théâtre représente une rue de Séville, où toutes les croisées1 sont grillées2.

SCÈNE PREMIÈRE
LE COMTE,
seul, en grand manteau brun et chapeau rabattu. Il tire sa montre en se promenant.

  Le jour est moins avancé que je ne croyais. L'heure à laquelle elle3 a coutume de se montrer derrière sa jalousie4 est encore éloignée. N'importe ; il vaut mieux arriver trop tôt que de manquer l'instant de la voir. Si quelque aimable de la cour pouvait me deviner à cent lieues de Madrid, arrêté tous les matins sous les fenêtres d'une femme à qui je n'ai jamais parlé, il me prendrait pour un Espagnol du temps d'Isabelle5. Pourquoi non ? Chacun court après le bonheur. Il est pour moi dans le cœur de Rosine. Mais quoi ! suivre une femme à Séville, quand Madrid et la cour offrent de toutes parts des plaisirs si faciles ? Et c'est cela même que je fuis. Je suis las6 des conquêtes que l'intérêt, la convenance ou la vanité7 nous présentent sans cesse. Il est si doux d'être aimé pour soi-même ; et si je pouvais m'assurer sous ce déguisement... Au diable l'importun8 !

SCÈNE 2
FIGARO, LE COMTE, caché

FIGARO,
une guitare sur le dos attachée en bandoulière avec un large ruban ; il chantonne gaiement, un papier et un crayon à la main.

Bannissons le chagrin,
  Il nous consume :
Sans le feu du bon vin,
  Qui nous rallume,
Réduit à languir,
L'homme, sans plaisir,
Vivrait comme un sot,
Et mourrait bientôt.

 Jusque-là ceci ne va pas mal, hein, hein !...

... Et mourrait bientôt.
Le vin et la paresse
Se disputent mon cœur...

 Eh non ! ils ne se le disputent pas, ils y règnent paisiblement ensemble...

Se partagent... mon cœur.

Dit-on « se partagent » ?... Eh ! mon Dieu, nos faiseurs d'opéras-comiques n'y regardent pas de si près. Aujourd'hui, ce qui ne vaut pas la peine d'être dit, on le chante. (Il chante.)

Le vin et la paresse
Se partagent mon cœur...

 Je voudrais finir par quelque chose de beau, de brillant, de scintillant, qui eût l'air d'une pensée. (Il met un genou en terre, et écrit en chantant.)

Se partagent mon cœur.
Si l'une a ma tendresse...
L'autre fait mon bonheur.

 Fi donc ! c'est plat. Ce n'est pas ça... Il me faut une opposition, une antithèse :

Si l'une... est ma maîtresse,
L'autre...

Eh ! parbleu, j'y suis !...

L'autre est mon serviteur.

Fort bien, Figaro !... (Il écrit en chantant.)

Le vin et la paresse
Se partagent mon cœur ;
Si l'une est ma maîtresse,
L'autre est mon serviteur,
L'autre est mon serviteur,
L'autre est mon serviteur.

Hein, hein, quand il y aura des accompagnements là-dessous, nous verrons encore, messieurs de la cabale9, si je ne sais ce que je dis. (Il aperçoit le Comte.) J'ai vu cet abbé10-là quelque part. (Il se relève.)

1. Les croisées : les fenêtres.
2. Grillées : grillagées
3. « Elle » désigne Rosine, la jeune fille dont le comte est amoureux.
4. Jalousie : grillage de fer ou de bois qui couvre une fenêtre et permet de voir sans être vu.
5. Isabelle : La reine Isabelle la catholique (1451-1504). Le comte considère que sa conduite amoureuse relève d’une époque lointaine, révolue.
6. Las : fatigué
7. Vanité : arrogance, prétention.
8. Importun : personne dont la présence n’est pas souhaitée
9. Cabale : manœuvres secrètes et collectives menées contre un auteur en vue de provoquer l’échec d’une pièce.
10. C’est la tenue du comte qui le fait ressembler à un abbé en soutane.

 

TEXTE B : Alfred de Musset, On ne badine pas avec l’amour, acte I, scène 1 (extrait) (1834).

ACTE PREMIER SCÈNE PREMIÈRE
Une place devant le château.
MAÎTRE BLAZIUS, DAME PLUCHE, LE CHŒUR1

LE CHŒUR
Doucement bercé sur sa mule fringante, messer1 Blazius s’avance dans les bluets fleuris, vêtu de neuf, l’écritoire au côté. Comme un poupon sur l’oreiller, il se ballotte sur son ventre rebondi, et, les yeux à demi fermés, il marmotte un Pater noster3 dans son triple menton. Salut, maître Blazius, vous arrivez au temps de la vendange, pareil à une amphore antique.
MAÎTRE BLAZIUS
Que ceux qui veulent apprendre une nouvelle d’importance m’apportent ici premièrement un verre de vin frais.
LE CHŒUR
Voilà notre plus grande écuelle ; buvez, maître Blazius ; le vin est bon ; vous parlerez après.
MAÎTRE BLAZIUS
Vous saurez, mes enfants, que le jeune Perdican, fils de notre seigneur, vient d’atteindre à sa majorité, et qu’il est reçu docteur4 à Paris. Il revient aujourd’hui même au château, la bouche toute pleine de façons de parler si belles et si fleuries, qu’on ne sait que lui répondre les trois quarts du temps. Toute sa gracieuse personne est un livre d’or ; il ne voit pas un brin d’herbe à terre, qu’il ne vous dise comment cela s’appelle en latin ; et quand il fait du vent ou qu’il pleut, il vous dit tout clairement pourquoi. Vous ouvririez des yeux grands comme la porte que voilà, de le voir dérouler un des parchemins qu’il a coloriés d’encres de toutes couleurs, de ses propres mains et sans en rien dire à personne. Enfin c’est un diamant fin des pieds à la tête, et voilà ce que je viens annoncer à M. le baron. Vous sentez que cela me fait quelque honneur, à moi, qui suis son gouverneur depuis l’âge de quatre ans ; ainsi donc, mes bons amis, apportez une chaise que je descende un peu de cette mule-ci sans me casser le cou ; la bête est tant soit peu rétive5, et je ne serais pas fâché de boire encore une gorgée avant d’entrer.
LE CHŒUR
Buvez, maître Blazius, et reprenez vos esprits. Nous avons vu naître le petit Perdican, et il n’était pas besoin, du moment qu’il arrive, de nous en dire si long. Puissions-nous retrouver l’enfant dans le cœur de l’homme !
MAÎTRE BLAZIUS
Ma foi, l’écuelle est vide ; je ne croyais pas avoir tout bu. Adieu ; j’ai préparé, en trottant sur la route, deux ou trois phrases sans prétention qui plairont à monseigneur ; je vais tirer la cloche. (Il sort.)

1. Le chœur : ensemble de personnes qui commentent l’action selon la tradition du théâtre antique. Il est, dans cette pièce, composé de paysans.
2. « Messer » pour Monsieur
3. Pater noster : début d’une prière chrétienne (Notre Père).
4. Docteur : titre universitaire obtenu après la soutenance d’une thèse.
5. Rétive : peu docile.

 

TEXTE C : Eugène Labiche, Un chapeau de paille d’Italie, acte I, scène 1 (1851).

ACTE PREMIER
(Chez Fadinard)

Un salon octogone. - Au fond, porte à deux battants s'ouvrant sur la scène. - Une porte dans chaque pan coupé. - Deux portes aux premiers plans latéraux. - A gauche,contre la cloison, une table avec tapis, sur laquelle est un plateau portant carafe, verre, sucrier. - Chaises.

SCÈNE PREMIÈRE
VIRGINIE, FELIX

VIRGINIE, à Félix, qui cherche à l'embrasser : - Non, laissez-moi, monsieur Félix !...Je n'ai pas le temps de jouer.
FELIX – Rien qu'un baiser ?
VIRGINIE – Je ne veux pas !...
FELIX – Puisque je suis de votre pays1 !... je suis de Rambouillet...
VIRGINIE – Ah ! ben ! s'il fallait embrasser tous ceux qui sont de Rambouillet !...
FELIX - Il n'y a que quatre mille habitants.
VIRGINIE – Il ne s'agit pas de ça... M. Fadinard, votre bourgeois, se marie aujourd'hui... Vous m'avez invitée à venir voir la corbeille... voyons la corbeille !...
FELIX – Nous avons bien le temps... Mon maître est parti, hier soir, pour aller signer son contrat chez le beau-père... il ne revient qu'à onze heures, avec toute sa noce, pour aller à la mairie.
VIRGINIE – La mariée est-elle jolie ?
FELIX – Peuh !... je lui trouve l'air godiche2; mais elle est d'une bonne famille... c'est la fille d'un pépiniériste de Charentonneau... le père Nonancourt.
VIRGINIE – Dites donc, monsieur Félix... si vous entendez dire qu'elle ait besoin d'une femme de chambre... pensez à moi.
FELIX – Vous voulez donc quitter votre maître... M. Beauperthuis ?
VIRGINIE. – Ne m'en parlez pas... c'est un acariâtre3, premier numéro... Il est grognon, maussade, sournois, jaloux... et sa femme donc !... Certainement, je n'aime pas à dire du mal des maîtres...
FELIX – Oh ! non !...VIRGINIE. – Une chipie ! une bégueule4, qui ne vaut pas mieux qu'une autre.
FELIX – Parbleu !
VIRGINIE – Dès que Monsieur part... crac ! elle part... et où va-t-elle ?... elle ne me l'a jamais dit... jamais !...
FELIX – Oh ! vous ne pouvez pas rester dans cette maison-là.
VIRGINIE, baissant les yeux – Et puis, ça me ferait tant plaisir de servir avec quelqu'un de Rambouillet...
FELIX, l'embrassant . – Seine-et-Oise !

1. Pays : région, ville ou village natal.
2. Godiche : gauche, maladroit.
3. Acariâtre : colérique.
4. Bégueule : farouche, rigide.

 

TEXTE D : Eduardo Manet, Quand deux dictateurs se rencontrent, (incipit), © Actes Sud-Papiers (1996).

VOIX OFF1, 1-A, 1-B

VOIX OFF.
  Quelque part dans le monde, deux dictateurs se rencontrent. Ils sont vieux. Vieux, mais taillés dans le roc. Visages granitiques, regards de joueurs de poker. Maîtres de leur propre jeu. Les corps sont massifs, les gestes lents. Et pour cause… chacun porte un épais gilet pare-balles, par mesure de précaution. Le premier sous une élégante veste signée par un styliste à la mode, l’autre dissimulé sous l’épaisse vareuse de son uniforme. Rencontre au sommet qui fera date dans l’Histoire. Les deux hommes, protégés par des vitres blindées, se trouvent sur la terrasse d’un palais, sorte de forteresse construite au sommet d’une vertigineuse montagne et où l’on ne peut accéder qu’en hélicoptère.
  Isolés du reste du monde, les deux hommes se parlent, sans témoins. Ils n’ont aucune raison particulière de se rencontrer. Caprice. Coup de tête. Aucune raison, si ce n’est le voluptueux plaisir d’être en face de son double, son reflet, la présence charnelle et puissante d’un dictateur comme soi. Pour mieux tenir au secret leur rencontre et déjouer de possibles pièges, leurs appareils policiers leur ont donné des codes, composés du chiffre 1 et des deux premières lettres de l’alphabet : A et B. Comme les deux hommes s’estiment d’une égale puissance, ils ont tiré au sort l’ordre de leur dialogue. Pile – pour le 1-A, face pour le 1-B.
  Ils viennent de dîner. Ils ont parlé – comme ils disent – « à bâtons rompus », « à cœur ouvert », « les yeux dans les yeux ». Imbus2 de leur pouvoir, les dictateurs ne craignent pas d’utiliser les clichés les plus éculés3.
  1-A sirote une menthe à l’eau, 1-B boit de la camomille.

1-A
Tu ne fumes plus tes fameux cigares aromatiques… Tu ne bois plus d’alcool… tu refuses le café… ordre du médecin ?
1-B.
Self-control, autodiscipline, mon cher. Comme toi. D’après ce que j’ai entendu dire, tu t’interdis l’alcool, le tabac, tous ces stimulants exquis mais nuisibles à la santé.

1. Voix off : voix entendue par les spectateurs sans que l’émetteur soit sur scène.
2. Imbus de leur pouvoir : sûrs de leur puissance
3. Eculés : usés.

 

I- Après avoir lu attentivement les textes du corpus, vous répondrez aux questions suivantes de façon organisée et synthétique (6 points) :

1. Quelle est la fonction principale de ces quatre scènes d’ouverture ? Justifiez votre réponse en vous appuyant sur les textes. (3 points)
2. Chaque auteur a fait un choix d’énonciation différent pour débuter sa pièce (qui parle ? à qui ?). Précisez lesquels et étudiez quels peuvent être les effets de ces choix sur les spectateurs ou les lecteurs. (3 points)

II- Vous traiterez ensuite, au choix, l'un des sujets suivants (14 points) :

  • Commentaire :
    Vous commenterez le texte A en vous aidant du parcours de lecture suivant :
    - vous montrerez en quoi il s’agit d’une exposition de comédie.
    - vous étudierez comment Beaumarchais souligne l’opposition entre les deux personnages.

  • Dissertation :
     Selon quels critères, selon vous, une scène d’exposition est-elle réussie et remplit-elle sa fonction ? 
     Vous développerez votre argumentation en prenant appui sur les textes du corpus ainsi que sur les pièces que vous avez lues ou vues.

  • Invention :
    Deux élèves d’un atelier théâtre ont choisi l’une des scènes d’exposition du corpus, pour la jouer devant leurs camarades. Ils débattent de leurs intentions de mise en scène du texte retenu ainsi que des effets qu’ils veulent produire sur le spectateur. Imaginez leur dialogue.

EAF 2011 - Série ES/S

SÉRIE ES / S

 

Objet d'étude : Le roman et ses personnages : visions de l'homme et du monde.

Corpus : 
Texte A : Victor Hugo,
Les Misérables, 4ème partie, livre 12 (1862).
Texte B : Gustave Flaubert,
L'Education sentimentale, 3ème partie, I (1869).
Texte C : Emile Zola,
La Fortune des Rougon, I, (1871).

 

Texte A : Victor Hugo, Les Misérables, 4ème partie, livre 12 (1862).

[Gavroche, un gamin de Paris, aide les insurgés qui construisent une barricade, au cours de l’émeute parisienne de juin 1832. ]

   Gavroche, complètement envolé et radieux, s’était chargé de la mise en train. Il allait, venait, montait, descendait, remontait, bruissait, étincelait. Il semblait être là pour l’encouragement de tous. Avait-il un aiguillon ? oui certes, sa misère ; avait-il des ailes ? oui certes, sa joie. Gavroche était un tourbillonnement. On le voyait sans cesse, on l’entendait toujours. Il remplissait l’air, étant partout à la fois. C’était une espèce d’ubiquité1 presque irritante ; pas d’arrêt possible avec lui. L’énorme barricade le sentait sur sa croupe. Il gênait les flâneurs, il excitait les paresseux, il ranimait les fatigués, il impatientait les pensifs, mettait les uns en gaieté, les autres en haleine, les autres en colère, tous en mouvement, piquait un étudiant, mordait un ouvrier ; se posait, s’arrêtait, repartait, volait au-dessus du tumulte et de l’effort, sautait de ceux-ci à ceux-là, murmurait, bourdonnait, et harcelait tout l’attelage ; mouche de l’immense Coche révolutionnaire.
  Le mouvement perpétuel était dans ses petits bras et la clameur perpétuelle dans ses petits poumons :
  - Hardi ! encore des pavés ! encore des tonneaux ! encore des machins ! où y en a-t-il ? Une hottée2 de plâtras pour me boucher ce trou-là. C’est tout petit votre barricade. Il faut que ça monte. Mettez-y tout, flanquez-y tout, fichez-y tout. Cassez la maison. Une barricade, c’est le thé de la mère Gibou3. Tenez, voilà une porte vitrée.
  Ceci fit exclamer les travailleurs.
  - Une porte vitrée ! Qu’est-ce que tu veux qu’on fasse d’une porte vitrée, tubercule4 ?
  - Hercules vous-mêmes ! riposta Gavroche. Une porte vitrée dans une barricade, c’est excellent. Ça n’empêche pas de l’attaquer, mais ça gêne pour la prendre. Vous n’avez donc jamais chipé des pommes par-dessus un mur où il y avait des culs de bouteilles ? Une porte vitrée, ça coupe les cors aux pieds de la garde nationale5 quand elle veut monter sur une barricade. Pardi ! le verre est traître. Ah ça, vous n’avez pas une imagination effrénée, mes camarades !

1. Capacité d’être dans plusieurs lieux à la fois.
2. Contenu d’une hotte pleine.
3. Boisson faite de beaucoup de mélanges.
4. Racine qui est une réserve nutritive pour une plante ; ici, allusion à la petite taille de Gavroche.
5. Soldats envoyés pour mater la révolte.

 

Texte B : Gustave Flaubert, L'Education sentimentale, 3ème partie, I (1869).

[Frédéric, le héros de l’Education sentimentale, assiste avec son ami Hussonnet au saccage du Palais des Tuileries, au cours de la Révolution de 1848.]

   Tout à coup la Marseillaise retentit. Hussonnet et Frédéric se penchèrent sur la rampe. C’était le peuple. Il se précipita dans l’escalier, en secouant à flots vertigineux des têtes nues, des casques, des bonnets rouges, des baïonnettes et des épaules, si impétueusement, que des gens disparaissaient dans cette masse grouillante qui montait toujours, comme un fleuve refoulé par une marée d’équinoxe, avec un long mugissement, sous une impulsion irrésistible. En haut, elle se répandit, et le chant tomba.
  On n’entendait plus que les piétinements de tous les souliers, avec le clapotement des voix. La foule inoffensive se contentait de regarder. Mais, de temps à autre, un coude trop à l’étroit enfonçait une vitre ; ou bien un vase, une statuette déroulait d’une console, par terre. Les boiseries pressées craquaient. Tous les visages étaient rouges ; la sueur en coulait à larges gouttes ; Hussonnet fit cette remarque :
  - « Les héros ne sentent pas bon ! »
  - « Ah ! vous êtes agaçant », reprit Frédéric.
  Et poussés malgré eux, ils entrèrent dans un appartement où s’étendait, au plafond, un dais de velours rouge. Sur le trône, en dessous, était assis un prolétaire à barbe noire, la chemise entr’ouverte, l’air hilare et stupide comme un magot1. D’autres gravissaient l’estrade pour s’asseoir à sa place.
  - « Quel mythe ! » dit Hussonnet. « Voilà le peuple souverain ! »
  Le fauteuil fut enlevé à bout de bras, et traversa toute la salle en se balançant.
  - « Saprelotte ! comme il chaloupe ! Le vaisseau de l’Etat est ballotté sur une mer orageuse ! Cancane-t-il2 ! Cancane-t-il ! »
  On l’avait approché d’une fenêtre, et, au milieu des sifflets, on le lança.
  - « Pauvre vieux ! » dit Hussonnet en le voyant tomber dans le jardin, où il fut repris vivement pour être promené ensuite jusqu’à la Bastille, et brûlé.
  Alors, une joie frénétique éclata, comme si, à la place du trône, un avenir de bonheur illimité avait paru ; et le peuple, moins par vengeance que pour affirmer sa possession, brisa, lacéra les glaces et les rideaux, les lustres, les flambeaux, les tables, les chaises, les tabourets, tous les meubles, jusqu’à des albums de dessins, jusqu’à des corbeilles de tapisserie. Puisqu’on était victorieux, ne fallait-il pas s’amuser ! La canaille s’affubla ironiquement de dentelles et de cachemires. Des crépines3 d’or s’enroulèrent aux manches des blouses, des chapeaux à plumes d’autruche ornaient la tête des forgerons, des rubans de la Légion d’honneur firent des ceintures aux prostituées. Chacun satisfaisait son caprice ; les uns dansaient, d’autres buvaient. Dans la chambre de la reine, une femme lustrait ses bandeaux avec de la pommade ; derrière un paravent, deux amateurs jouaient aux cartes ; Hussonnet montra à Frédéric un individu qui fumait son brûle-gueule4 accoudé sur un balcon ; et le délire redoublait au tintamarre continu des porcelaines brisées et des morceaux de cristal qui sonnaient, en rebondissant, comme des lames d’harmonica.

1. Singe ; figurine chinoise grotesque en porcelaine. Au sens figuré : homme très laid.
2. Danse le cancan, une danse excentrique.
3. Franges de tissu à fonction décorative.
4. Pipe à tuyau très court .

 

Texte C : Emile Zola, La Fortune des Rougon, I, (1871).

 [Le coup d’Etat du 2 décembre 1851, organisé par Louis-Napoléon Bonaparte, a suscité en Provence des insurrections républicaines, notamment dans le département du Var. C’est cette révolte que décrit Zola au début de La Fortune des Rougon.]

   La bande descendait avec un élan superbe, irrésistible. Rien de plus terriblement grandiose que l’irruption de ces quelques milliers d’hommes dans la paix morte et glacée de l’horizon. La route, devenue torrent, roulait des flots vivants qui semblaient ne pas devoir s’épuiser ; toujours, au coude du chemin, se montraient de nouvelles masses noires, dont les chants enflaient de plus en plus la grande voix de cette tempête humaine. Quand les derniers bataillons apparurent, il y eut un éclat assourdissant. La Marseillaise emplit le ciel, comme soufflée par des bouches géantes dans de monstrueuses trompettes qui la jetaient, vibrante, avec des sécheresses de cuivre, à tous les coins de la vallée. Et la campagne endormie s’éveilla en sursaut ; elle frissonna tout entière, ainsi qu’un tambour que frappent les baguettes ; elle retentit jusqu’aux entrailles, répétant par tous ses échos les notes ardentes du chant national. Alors ce ne fut plus seulement la bande qui chanta ; des bouts de l’horizon, des rochers lointains, des pièces de terre labourées, des prairies, des bouquets d’arbres, des moindres broussailles, semblèrent sortir des voix humaines ; le large amphithéâtre qui monte de la rivière à Plassans, la cascade gigantesque sur laquelle coulaient les bleuâtres clartés de la lune, étaient comme couverts par un peuple invisible et innombrable acclamant les insurgés ; et, au fond des creux de la Viorne1, le long des eaux rayées de mystérieux reflets d’étain fondu, il n’y avait pas un trou de ténèbres où des hommes cachés ne parussent reprendre chaque refrain avec une colère plus haute. La campagne, dans l’ébranlement de l’air et du sol, criait vengeance et liberté. Tant que la petite armée descendit la côte, le rugissement populaire roula ainsi par ondes sonores traversées de brusques éclats, secouant jusqu’aux pierres du chemin.

1. Rivière qui coule près de la ville de Plassans.

 

I- Après avoir lu tous les textes du corpus, vous répondrez â la question suivante (4 points) :

Quelles visions du peuple les trois extraits du corpus donnent-ils ?

II. Vous traiterez ensuite, au choix, l'un des sujets suivants (16 points) :

  • Commentaire
    Vous commenterez le texte C : La Fortune des Rougon d’Emile Zola.

  • Dissertation
    Un philosophe a déclaré qu’il avait beaucoup plus appris sur l’économie et la politique dans les romans de Balzac qu’en lisant les économistes et les historiens. Dans quelle mesure la lecture des romans permet-elle de connaître une période historique et une société ? Vous rédigerez un développement structuré, qui s’appuiera sur les textes du corpus, les romans que vous avez étudiés en classe et vos lectures personnelles..

  • Invention
    Rentrée chez elle, la femme aux bandeaux (texte B, dernier paragraphe) raconte à sa famille la prise des Tuileries à laquelle elle a participé.
    Vous exprimerez ses émotions et ses sentiments.
    Vous veillerez à mêler description et narration .

EAF 2011 - Série littéraire

SÉRIE L

 

Objet d'étude : Le théâtre, texte et représentation.

Corpus : 
Texte A : Jean Giraudoux,
Amphitryon 38, acte I scène 5 (1929).
Texte B : Eugène Ionesco,
Rhinocéros, acte II tableau 2 (1959).
Texte C : Christine Montalbetti,
Le cas Jekyll, 2007.

 

TEXTE A : Jean Giraudoux, Amphitryon 38, acte I scène 5 (1929).

 [Jupiter veut séduire Alcmène qui est résolument fidèle à Amphitryon, son mari. Pour l’approcher et parvenir à ses fins, il lui faut donc éloigner celui-ci en l’envoyant à la guerre et prendre son apparence tandis que Mercure prendra celle de Sosie, le serviteur d’Amphitryon. Jupiter achève sa métamorphose avant de se présenter devant Alcmène. ]

MERCURE : C’est votre corps entier qui doit être sans défaut… Venez là, à la lumière, que je vous ajuste votre uniforme d’homme… Plus près, je vois mal.
JUPITER : Mes yeux sont bien ?
MERCURE : Voyons vos yeux… Trop brillants… Ils ne sont qu’un iris, sans cornée, pas de soupçon de glande lacrymale ; – peut-être allez-vous avoir à pleurer ; – et les regards au lieu d’irradier des nerfs optiques, vous arrivent d’un foyer extérieur à vous à travers votre crâne… Ne commandez pas au soleil vos regards humains. La lumière des yeux terrestres correspond exactement à l’obscurité complète dans notre ciel… Même les assassins n’ont là que deux veilleuses… Vous ne preniez pas de prunelles, dans vos précédentes aventures ?
JUPITER : Jamais, j’ai oublié… Comme ceci, les prunelles ?
MERCURE : Non, non, pas de phosphore1… Changez ces yeux de chat ! On voit encore vos prunelles au travers de vos paupières quand vous clignez… On ne peut se voir dans ces yeux-là… Mettez-leur un fond.
JUPITER : L’aventurine2 ne ferait pas mal, avec ses reflets d’or.
MERCURE : À la peau maintenant !
JUPITER : À ma peau ?
MERCURE : Trop lisse, trop douce, votre peau… C’est de la peau d’enfant. Il faut une peau sur laquelle le vent ait trente ans soufflé, qui ait trente ans plongé dans l’air et dans la mer, bref qui ait son goût, car on la goûtera. Les autres femmes ne disaient rien, en constatant que la peau de Jupiter avait goût d’enfant ?
JUPITER : Leurs caresses n’en étaient pas plus maternelles.
MERCURE : Cette peau-là ne ferait pas deux voyages… Et resserrez un peu votre sac humain, vous y flottez !
JUPITER : C’est que cela me gêne… Voilà que je sens mon cœur battre, mes artères se gonfler, mes veines s’affaisser… Je me sens devenir un filtre, un sablier de sang…L’heure humaine bat en moi à me meurtrir. J’espère que mes pauvres hommes ne souffrent pas cela…
MERCURE : Le jour de leur naissance et le jour de leur mort.
JUPITER : Très désagréable, de se sentir naître et mourir à la fois.
MERCURE : Ce ne l’est pas moins, par opération séparée.
JUPITER : *As-tu maintenant l’impression d’être devant un homme ?
MERCURE : Pas encore. Ce que je constate surtout, devant un homme, devant un corps vivant d’homme, c’est qu’il change à chaque seconde, qu’incessamment il vieillit. Jusque dans ses yeux, je vois la lumière vieillir.
JUPITER : Essayons. Et pour m’y habituer, je me répète : je vais mourir, je vais mourir…
MERCURE : Oh ! Oh ! Un peu vite ! Je vois vos cheveux pousser, vos ongles s’allonger, vos rides se creuser… Là, là, plus lentement, ménagez vos ventricules. Vous vivez en ce moment la vie d’un chien ou d’un chat.
JUPITER : Comme cela ?
MERCURE : Les battements trop espacés maintenant. C’est le rythme des poissons…Là… là… Voilà ce galop moyen, cet amble3 , auquel Amphitryon reconnaît ses chevaux et Alcmène le cœur de son mari...
JUPITER : Tes dernières recommandations ?
MERCURE : Et votre cerveau ?
JUPITER : Mon cerveau ?
MERCURE : Oui, votre cerveau… Il convient d’y remplacer d’urgence les notions divines par les humaines… Que pensez-vous ? Que croyez-vous ? Quelles sont vos vues de l’univers, maintenant que vous êtes homme ?
JUPITER : Mes vues de l’univers ? Je crois que cette terre plate est toute plate, que l’eau est simplement de l’eau, que l’air est simplement de l’air, la nature la nature, et l’esprit l’esprit… C’est tout ?
MERCURE : Avez-vous le désir de séparer vos cheveux par une raie et de les maintenir par un fixatif ?
JUPITER : En effet, je l’ai.
MERCURE : Avez-vous l’idée que vous seul existez, que vous n’êtes sûr que de votre propre existence
JUPITER : Oui. C’est même très curieux d’être ainsi emprisonné en soi-même.
MERCURE : Avez-vous l’idée que vous pourrez mourir un jour ?
JUPITER : Non. Que mes amis mourront, pauvres amis, hélas oui ! Mais pas moi.
MERCURE : Avez-vous oublié toutes celles que vous avez déjà aimées ?
JUPITER : Moi ? Aimer ? Je n’ai jamais aimé personne ! Je n’ai jamais aimé qu’Alcmène.
MERCURE : Très bien ! Et ce ciel, qu’en pensez-vous ?
JUPITER : Ce ciel, je pense qu’il est à moi, et beaucoup plus depuis que je suis morte lque lorsque j’étais Jupiter ! Et ce système solaire, je pense qu’il est bien petit, et la terre immense, et je me sens soudain plus beau qu’Apollon, plus brave et plus capable d’exploits amoureux que Mars, et pour la première fois, je me crois, je me vois, je me sens vraiment maître des dieux.
MERCURE : Alors vous voilà vraiment homme !… Allez-y !
Mercure disparaît.

1. élément chimique dont l'une des propriétés est d'émettre de la lumière dans l'obscurité.
2. une variété de quartz aux incrustations vertes.
3. allure de marche.

 

TEXTE B : Eugène Ionesco, Rhinocéros, acte II tableau 2 (1959).

 [Dans une petite ville, les habitants se transforment peu à peu en rhinocéros, métaphore de la barbarie. Bérenger, venu rendre visite à son ami Jean, assiste à cette transformation.]

 BÉRENGER : Parlez plus distinctement. Je ne comprends pas. Vous articulez mal.
JEAN, toujours de la salle de bains : Ouvrez vos oreilles !
BÉRENGER : Comment ?
JEAN : Ouvrez vos oreilles. J’ai dit, pourquoi ne pas être un rhinocéros ? J’aime les changements.
BÉRENGER : De telles affirmations venant de votre part… (Bérenger s’interrompt, car Jean fait une apparition effrayante. En effet, Jean est devenu tout à fait vert. La bosse de son front est presque devenue une corne de rhinocéros.) Oh ! vous semblez vraiment perdre la tête ! (Jean se précipite vers son lit, jette les couvertures par terre, prononce des paroles furieuses et incompréhensibles, fait entendre des sons inouïs.) Mais ne soyez pas si furieux, calmez-vous ! Je ne vous reconnais plus.
JEAN, à peine distinctement : Chaud…trop chaud. Démolir tout cela, vêtements, ça gratte, vêtements, ça gratte. Il fait tomber le pantalon de son pyjama.
BÉRENGER : Que faites-vous ? Je ne vous reconnais plus ! Vous, si pudique d’habitude !
JEAN : Les marécages ! les marécages !…
BÉRENGER : Regardez-moi ! Vous ne semblez plus me voir ! Vous ne semblez plus m’entendre !
JEAN : Je vous entends très bien ! Je vous vois très bien ! Il fonce vers Bérenger tête baissée. Celui-ci s’écarte.
BÉRENGER : Attention !
JEAN, soufflant bruyamment : Pardon !
Puis il se précipite à toute vitesse dans la salle de bains
.
BÉRENGER fait mine de fuir vers la porte de gauche, puis fait demi-tour et va dans la salle de bains à la suite de Jean, en disant : Je ne peux tout de même pas le laisser comme cela, c’est un ami. (De la salle de bains.) Je vais appeler le médecin ! C’est indispensable, indispensable, croyez-moi.
JEAN, dans la salle de bains : Non.
BÉRENGER, dans la salle de bains : Si. Calmez-vous, Jean ! Vous êtes ridicule. Oh ! votre corne s’allonge à vue d’œil !… Vous êtes rhinocéros !
JEAN, dans la salle de bains : Je te piétinerai, je te piétinerai.
Grand bruit dans la salle de bains, barrissements, bruits d’objets et d’une glace qui tombe et se brise ; puis on voit apparaître Bérenger tout effrayé qui ferme avec peine la porte de la salle de bains, malgré la poussée contraire que l’on devine.

 

TEXTE C : Christine Montalbetti, Le cas Jekyll, 2007.

  [Réécriture théâtrale d’une célèbre nouvelle de Robert Louis Stevenson, ce monologue met en scène, sous la forme d’une confession au notaire Utterson, l’histoire étrange d’un scientifique, le docteur Jekyll qui, la nuit venue, se transforme en mister Hyde, dangereux criminel. Il relate l’expérience de sa première métamorphose.]

   Il y eut un soir où je sus que j’étais prêt.
  Je le tiens dans ma main, ce breuvage trouble et fumant, avec son précipité orange qui le zèbre en volutes doucereuses, et qui doit me permettre d’opérer physiquement la dissociation de mes pulsions ! La potion que j’ai confectionnée, hop, je me la siffle.
  Ah, my goodness1 !
  Cette part-là est presque inénarrable2. La douleur que c’est. L’arrachement. L’écartèlement. La réduction. Ce qui me paraît se broyer, de mes os. Ce qui se ratatine. La souffrance atroce du rétrécissement. La déformation. Nuit maudite !
  Or, aussitôt après la douleur considérable, quelque chose de délicieux se met à me couler dans les veines. Chacune est comme un petit ruisseau tout neuf et riant, et qui irrigue de vivifiantes prairies. Peinture exquise !
  Je cours vers ma chambre, je veux me voir dans le miroir de ma coiffeuse. Je gambade avec la même joie, je pense, que les premiers hommes qui s’essayèrent à la bipédie. Mon pas est si sautillant, si léger ! La courette me découpe un carré de ciel qui m’est réservé et qui me couvre comme un dais3.
  La lune très grosse entre abondamment dans la pièce et l’éclaire comme en plein jour.
  Celui que je vois n’est pas fort coquet, pour sûr. Mais ta vilaine face me plaît, comme un autre moi-même.
  Il y a dans le mouvement de se reconnaître je ne sais quelle gratification qui dépasse les considérations esthétiques.
  Que m’importe cette petite taille, cette difformité vague, puisque c’est moi, enfin, sous un nouveau jour, que jusque-là je n’avais pu contempler !
  Mais l’aube va naître. Mes gens grappillent leurs dernières minutes de sommeil.
  Parviendrai-je à reprendre mon apparence d’avant ? Ou bien garderai-je pour toujours ma figure de Hyde ? Je traverse la courette dans l’autre sens, vers le laboratoire, avec au cœur un affreux suspens.
  Non plus sautillant, comme tout à l’heure, mais détalant comme un chat inquiet. J’ai établi soigneusement mes calculs ; or une erreur, n’est-ce pas, peut toujours s’y glisser. Je bois la seconde potion.
  Sacrebleu ! dieux du ciel ! londonienne frayeur ! Mes os de Hyde cette fois s’étirent, mes muscles s’allongent dans des souffrances terribles. Puis cela cesse. Je me dirige de nouveau, encore haletant, jusqu’à ma chambre, et, dans le miroir de ma coiffeuse, je vois qui ? Jekyll, qui souffle comme un bœuf, ses jolis traits un peu tirés, mais en tout point semblable à celui qu’il a été.
  Utterson, for God’s sake, have mercy4 !

1. Mon Dieu !
2. Qu’on ne peut pas raconter.
3. Pièce d'étoffe précieuse.
4. Pour l'amour de Dieu, ayez pitié !

 

I- Après avoir lu tous les textes du corpus, vous répondrez â la question suivante (4 points) :

  Comment l’écriture de ces trois textes de théâtre rend-elle compte du processus de transformation des personnages ?

II. Vous traiterez ensuite, au choix, l'un des sujets suivants (16 points) :

  • Commentaire
    Vous commenterez le texte de Jean Giraudoux (texte A) à partir de « JUPITER : As-tu maintenant l’impression d’être devant un homme ? » (*) jusqu’à la fin.

  • Dissertation
    Au théâtre le rôle du metteur en scène peut-il être plus important que celui de l’auteur ? Vous développerez votre argumentation en vous appuyant sur les textes du corpus, sur ceux que vous avez étudiés en classe, sur vos lectures personnelles et sur votre expérience de spectateur.

  • Invention
    Christine Montalbetti répond à un comédien qui s’interroge sur la façon de jouer cette scène et sur les conditions matérielles de la représentation (texte C). Vous rédigerez cette lettre, qui doit contenir des indications précises de mise en scène.

vendredi, juin 17 2011

Dates des épreuves et des résultats du bac de Français - EAF 2011

Les épreuves écrites.

Français :  Lundi 20 juin 2011 8 h 00 – 12 h 00 Toutes séries
Mathématiques/informatique : Vendredi 17 juin 2011 14 h 00 – 15 h 30 Baccalauréat L
Enseignement scientifique : Mercredi 22 juin 2011 8 h 00 – 9 h 30 L et ES

Pour le baccalauréat technologique : Français Lundi 20 juin 2011 14 h 00 – 18 h 00 Toutes séries



Les résultats

Les notes des épreuves anticipées du baccalauréat (dont EAF) sont publiés à des dates qui varient en fonction de chaque académie :


Académie de Lyon : le mardi 12 juillet 2011
Académie d'Orléans-Tours : le jeudi 07 juillet 2011
Académie de Nantes : le mercredi 06 juillet 2011, à partir de 19h (en ligne)
Académie de Caen : le vendredi 10 juillet 2009
Académie de Lille : le samedi 09 juillet 2011, à 11h30.
Académie d'Amiens : le vendredi 08 juillet 2011, à partir de 18h.
Académie de Toulouse : le mardi 12 juillet 2011, à 10h (en ligne)
Académie de Bordeaux : le mardi 12 juillet 2011
Académie de Besançon : le vendredi 08 juillet 2011.
Académie de Rennes : le vendredi 08 juillet 2011 (en ligne)
Académie de Versailles : le lundi 11 juillet 2011, à 14h
Académie de Paris : le lundi 11 juillet 2011, à 14h
Académie de Créteil : le lundi 11 juillet 2011, à 14h

(académies pour lesquelles je connais les dates)


Pour consulter les résultats sur internet, on vous demandera le numéro de candidat qui figure sur votre convocation. Vous pouvez retrouver le site de votre académie à partir du Portail de l'Education Nationale.


En vous souhaitant à tous le meilleur

mardi, mars 31 2009

La bibliothèque de Bac[CH]annales.fr


Ci-dessous, vous trouverez des ressources à télécharger :


Les méthodes

Format : *.pdf
Ces fiches reprennent les méthodes présentées sur le site dans une mise en page plus adéquate.

Commentaire composé Dissertation

Sujet d'invention         L'Oral

 

Les outils d'analyse littéraire : aide-mémoire

outils d'analyse littéraires








Format : *.pdf
Fiche sur recto listant les principaux outils d'analyse littéraire, utile notamment pour le commentaire composé.


Histoire littéraire : repères

Format : *.pdf
Tableau en recto-verso comprenant : repères historiques, les principaux mouvements littéraires, liste d'auteurs et d'oeuvres, repères culturels. Attention : ce document n'a pour but que de fixer des repères et ne saurait se substituer à un cours d'histoire littéraire complet.


Fiche de synthèse pour les lectures analytiques





Format : *.doc (Word)
Fiche de synthèse qui sert de support pour réviser les lectures analytiques des textes à présenter à l'oral. Le fichier contient un modèle rempli, un exemplaire vierge, un exemplaire vierge avec un quadrillage en filigrane.



Fiche "Orthographe"







Format : *.doc (Word)
Cette fiche rappelle les principales règles d'orthographe et de grammaire et peut être adaptée aux difficultés de chacun via des modules à glisser/coller.



Toute la bibliothèque en archive (*.zip)








à suivre...


vendredi, mars 27 2009

Bac français - Invention - Vous célébrerez un objet banal, quotidien, de votre choix.


Invention

Dans un texte en prose, vous célébrerez un objet banal, quotidien, de votre choix.
Vous utiliserez des images permettant de le découvrir sous un angle nouveau.
Vous marquerez explicitement votre appréciation élogieuse.
Vous ne signerez pas votre texte.

[voir le sujet d'annales complet]

Le travail préparatoire

L’objectif sera de dégager les éléments principaux sur lesquels vont s’appuyer l'écriture d'invention.

  • Forme : un texte à visée littéraire, du moins dans lequel vous vous montrerez capable de réinvestir des moyens littéraires, notamment pour créer "des images".
  • Type de texte : principalement descriptif.
  • Registre : "célébrer" donc laudatif.
  • Enonciation : On attend "votre appréciation élogieuse", laquelle sera portée par la subjectivité du narrateur, d'où la présence probable du "je". Il faudra veiller à ne pas se concentrer sur ce "je", le thème du poème étant "un objet". En effet, vous devez éviter l'écueil d'un lyrisme borné en évitant de réduire votre appréciation à un seul sentiment tel que : "Oh! Que j'aime mon stylo!" ; ceci ne saurait contituer un éloge.
  • Structure : la structure est libre et il est d'autant plus important de la soigner. Votre texte doit être structuré et montrer une progression qui vise à l'efficacité de l'éloge.
  • Le corpus : Il offre des exemples dont vous pouvez vous inspirer mais sans les pasticher évidemment ; notamment le texte de Ponge puisqu'il est en prose.
Voici quelques pistes à approfondir et qui peuvent conduire à cadrer votre travail. Pour la suite, je vous renvoie à la fiche méthode « sujet d'invention ».

Bon courage,

Dissertation - Le rôle principal du poète est-il de célébrer le monde ?

Dissertation

Le rôle principal du poète est-il de célébrer le monde ?
Vous répondrez à cette question en un développement organisé s'appuyant sur les textes du corpus, les textes étudiés en classe et vos lectures personnelles.

[voir le sujet d'annales complet]

Le travail préparatoire

L’objectif sera de dégager les éléments principaux sur lesquels vont s’appuyer la dissertation.

  • Le type de sujet : une opinion à discuter.  
  • Analyse : On isole la thèse : le rôle principal du poète est de célébrer le monde. On tente de définir l'expression "célébrer le monde"". "Célébrer" renvoie au registre laudatif, et croise plus généralement la notion de beauté ; révéler la beauté ou transfigurer le monde par l'écriture poétique pour le rendre beau. On s'attardera également à définir plus précisément ce qu'est "le monde". "Le rôle principal du poète" évoque les visées de la poésie, celles-ci sont disparates ; les recenser permettra de mieux comprendre le sujet. Notions : la subjectivité et la modalisation du discours, l'écriture poétique et ses perspectives esthétiques.
  • Délimiter le sujet : par principe, on se bornera à la poésie, sans élargir à l'ensemble de la littérature.
  • Séquence à laquelle renvoie le sujet :  "La Poésie", le sujet brasse l'ensemble du cours et il est donc important de pouvoir mobiliser ses connaisances.
  • Le corpus : Les quatre textes vous donnent de bons exemples et matière à réflexion.
  • Les questions prélimaires : vous pouvez réinvestir le travail fait sur la question "Quel rôle Hugo et Ponge accordent-ils au poète dans les deux textes proposés ?"
Voici quelques pistes à approfondir et qui peuvent conduire à établir une problématique. Pour la suite, je vous renvoie à la fiche méthode Dissertation.

Bon courage,

Bac français - commentaire composé - Midi, La Nature et le Rêve, J.M. de Heredia

Texte B : José Maria de HEREDIA, Midi, « La Nature et le Rêve », Les Trophées (1893).

                      Midi

Pas un seul bruit d'insecte ou d'abeille en maraude1,
Tout dort sous les grands bois accablés de soleil
Où le feuillage épais tamise2 un jour pareil
Au velours sombre et doux des mousses d'emeraude3.

Criblant le dôme obscur, Midi splendide y rôde
Et, sur mes cils mi-clos alanguis de sommeil,
De mille éclairs furtifs forme un réseau vermeil4
Qui s'allonge et se croise à travers l'ombre chaude.

Vers la gaze de feu que trament les rayons
Vole le frêle essaim des riches papillons
Qu'enivrent la lumière et le parfum des sèves ;

Alors mes doigts tremblants saisissent chaque fil,
Et dans les mailles d'or de ce filet subtil,
Chasseur harmonieux, j'emprisonne mes rêves.

1- en maraude : en quête de butin
2- tamiser : laisser passer en adoucissant
3- émeraude : pierre précieuse de couleur verte
4- vermeil : rouge foncé
5- gaze : étoffe légère et transparente
.


Commentaire

Vous commenterez le texte de José Maria de Heredia (texte B) à partir du parcours de lecture suivant :
- En quoi le monde sensible est-il omniprésent dans le poème ?
- Comment l'écriture poétique transfigure-t-elle la vision du monde ?

[voir le sujet d'annales complet]

La carte d'identité du texte

L’objectif sera de dégager les éléments principaux sur lesquels vont s’appuyer le commentaire.

  • Le genre : poème à forme fixe.  
  • Type de texte : descriptif (repérage spatio-temporel, temps verbaux et valeurs).
  • Enonciation : Narrateur interne à la première personne du singulier (3 x "mes", "j'"). 
  • Contexte : 1893. José Maria de Heredia a participé au mouvement littéraire du Parnasse. On n'oubliera pas de prendre en compte le titre de la partie du receuil "La Nature et le Rêve" qui fait écho au poème.
  • Thèmes : la nature, le bien-être, implicitement la sieste.
  • Registre dominant : laudatif.       
  • Séquence de l’année à laquelle renvoie ce texte : « La poésie ». Il est indispensable de réinvestir vos connaissances sur la versification.   
  • Structure : la description progresse vers les actions du dernier tercet.   
  • Les questions préliminaires : la première vous livre déjà une analyse à réinvestir.
  • Ne pas oublier l'étude des champs lexicaux.
Voici quelques pistes à approfondir et qui peuvent conduire à établir des axes de lecture et une problématique. Pour l'analyse détaillée, je vous renvoie à la fiche méthode « Commentaire composé ».

Bon courage,

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